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Actes du colloque
Femmes différentes et semblables
10 et 11 juin 1993
COMITÉ ORGANISATEUR
Sonia Angudova, Centre international des femmes de Québec
Josée Belleau, L'R des centres de femmes du Québec
Nicole Kennedy, Centre d'éducation et d'action des femmes de Montréal
Silvia Martinez, Écho des femmes de la Petite Patrie
Paulina Maya, Centre des femmes d'ici et d'ailleurs
Rose-Marie Mésidor, Halte-femmes de Montréal Nord
Maritza Tobon, Halte-femmes de Montréal-Nord
Martine Turgeon, Centre-Femmes de Lotbinière
avec le soutien d'Alexandra Philoctète, Carole Benjamin et Diane
Matte
Rédaction: Marie Letellier
Graphisme et mise en page: Denise Cotte
Coordination: Josée Belleau
L'R des centres de femmes du Québec
4206, St-Denis, Montréal H2J 2K8
(514-) 843-8156
Janvier 1994
Femmes différentes et semblables
Dans les dernières années, le mouvement féministe québécois
a été vivement interpellé par les femmes immigrantes,
les femmes des minorités visibles et les femmes autochtones, car
il ne tenait peu ou pas compte de leurs réalités et de leurs
perspectives. Bien que les femmes de toutes origines se rallient autour
de la lutte pour l'égalité entre les femmes et les hommes,
il demeure que l'égalité entre les femmes n'est pas encore
chose faite. Le quotidien des femmes des premières nations et des
communautés ethniques est tissé autant par le racisme, la
xénophobie que par le sexisme et la pauvreté. Intégrer
ces préoccupations à la vision et à la pratique féministes
est tout un défi, mais combien prometteur pour leur renouvellement!
Il importait à l'R des centres de femmes du Québec de participer
à cette transformation en offrant à ses membres une occasion
privilégiée pour rencontrer et créer des liens avec des
femmes de diverses origines, qui, comme elles, interviennent dans différentes
communautés afin d'améliorer les conditions de vie, de santé
et de travail des femmes.
Ainsi, les 10 et 11 juin 1993 à Montréal, plus de 250 femmes
de toutes les régions du Québec vivaient un moment privilégié
de rassemblement et d'échange interculturels en participant au
colloque Femmes différentes et semblables.
Différentes pour reconnaître et apprécier la diversité
de nos origines, de nos réalités, de nos visions, de nos pratiques,
Semblables pour souligner et consolider la communauté de nos intérêts
pour l'égalité, l'autonomie et la justice pour toutes les
femmes.
De la soirée culturelle d'ouverture, à la plénière
de fermeture, en passant par les tables rondes et les ateliers, les
participantes ont pu se détendre et s'amuser, s'informer et mieux
comprendre des réalités méconnues, apprécier le
travail accompli par les unes et les autres, pour finalement s'engager
à poursuivre l'action féministe interculturelle dans leurs
groupes respectifs.
À nous toutes donc, de relever nos manches, de balayer nos préjugés,
d'ouvrir nos coeurs et nos portes aux femmes différentes et semblables!
Présentation
Bonjour! Voici les Actes du colloque Femmes différentes et
semblables, organisé les 10 et 11 juin 1993 par l'R des centres
de femmes du Québec. Il ne s'agit pas d'actes de colloque classiques
où l'on retrouve tout à sa place: mot de bienvenue, résumé
des tables rondes avec chacune des conférences, résumé
des ateliers avec chaque présentation, synthèse de la plénière
et mot de clôture *. Nous brassons tout cela et nous optons plutôt
pour des topos sur différents thèmes abordés, des exemples
et beaucoup de suggestions d'actions simples à entreprendre ou
à poursuivre dans les centres.
À travers cette formule éclatée, il y a un fil conducteur.
Au début, il s'agit de nommer des problèmes entre femmes différentes.
Ensuite, certaines données de base sur l'immigration sont rapportées
pour savoir dans quels contextes s'inscrivent quelques-uns de ces problèmes.
Puis des néo- Québécoises nous décrivent comment
se vit l'immigration. Au-delà de ces questions se dessinent ensuite
des convergences entre femmes différentes mais semblables. Ces
convergences viennent de difficultés communes, de questionnements
sur le féminisme et surtout de pratiques similaires dans les groupes.
Suivent des engagements pour consolider ces convergences.
Pour essayer de rendre l'esprit et l'émotion qui animent les participantes,
nous rapportons leurs paroles partout où c'est possible.
Nous rajoutons les coordonnées des participantes et des groupes,
un souhait maintes fois exprimé, pour vous permettre de reprendre
contact. Vous trouverez aussi quelques suggestions documentaires.
On dit que c'est beaucoup la lectrice qui fait le texte, qui tisse
des liens entre ses divers éléments en les raccordant à
ses propres connaissances et expériences. C'est dans cette optique
que nous vous livrons le présent document et que nous vous souhaitons
bonne lecture.
* Nous avons à l'R cette version classique du colloque pour celles
qui le désireraient. Le mot à mot de la plénière
(manuscrit) peut aussi être consulté.
Et les mots pour le dire...
Comme le dit le dicton, ce qui se conçoit clairement s'énonce
clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. Ce n'est
pas encore le cas ici et une participante en fait la remarque à
propos de nos appellations respectives.
Il y a une sorte de malaise juste dans nos mots,
dans nos noms, on les «magane» beaucoup nos noms, dans le
comment on parle de nous, le comment on se désigne: femmes immigrantes,
femmes des communautés culturelles, femmes des communautés
ethno-culturelles et la plus délicieuse de ces combinaisons, Québécoises
des communautés culturelles, et Québécoises «de
souche».
Diane lemieux (plénière)
Regroupement québécois des calacs
À propos des souches et des racines
II y a des visuelles au colloque et voici des images qui les font réagir.
Une image m'a énormément frappée
ce matin: «on ne peut pas couper les racines d'une plante si on
veut qu'elle s'enracine ailleurs»
Un jour, quelqu'un a dit: «Québécois,Québécoises
de souche» et on est pogné avec ça, je ne sais pas
pour combien de temps! (...) Je souhaite que nous nous appelions des
Québécois et que nous disions de quelle origine nous sommes
et que nous arrêtions de parler de «souche». Quand
j'étais petite, il y avait plein de champs de souches. Pour moi,
c'est un arbre qui a été coupé, c'est un arbre mort
qui pourrit là. Une image très laide.
Claire Du sablon (plénière)
Centre des femmes l'étincelle, baie-comeau
II y a trois générations, mon arrière
grand-père venait s'établir sur les bords du Saint-Laurent.
Il venait bouturer sa famille sur l'arbre poussant en sol micmac. La
bouture a tenu le coup et aujourd'hui, je peux sentir ma sève circuler.
(...)
Vous comprendrez donc que la «souche» ne revêt
pas pour moi l'identité nationaliste qu'on veut bien lui faire
porter. .Je veux toujours me souvenir que je partage un territoire
avec plusieurs êtres vivants et vivantes de toutes espèces.
Sylvie Nicole (table ronde 4)
collectif féministe rouyn-noranda
Elles veulent s'enraciner
Derrière ces difficultés de nommer et ces images de racines
et de souches se cachent des questions d'identité et d'appartenance.
Qui sont au juste les femmes immigrantes? Quelle est leur réalité
ici? C'est ce que les femmes immigrantes veulent nous faire remarquer
avec quelques exemples..
-
Une Haïtienne se sent ici en attente de retourner
dans son pays d'origine. Le jour où elle y retourne, lui dit-on,
elle sera de nouveau une femme immigrante.
-
Une réfugiée du Rwanda ne veut plus
être assimilée à son pays déchiré par la
violence. Elle se retrouve plus proche des Blancs qui dénoncent
la situation que des Noirs qui la font. Son garçon, né ici,
est Québécois «pure laine» mais on le classe quand
même comme un Rwandais. «Qui va intégrer mon fils?»,
demande-t-elle.
-
Les femmes de la deuxième génération,
les jeunes, ne sont plus des femmes immigrantes mais c'est comme cela
qu'on les perçoit.
Une intervenante poursuit le questionnement:
L'arrivée et l'installation des femmes des
communautés culturelles en terre québécoise crée
un choc et une rupture pour ces femmes mais aussi pour les Québécoises
issues du mouvement des femmes au Québec. Est-ce possible pour
ces femmes de prendre racine dans nos luttes collectives, de partager
nos objectifs?
Guadalupe Vento (table ronde 2)
Centre international des femmes de quebec
Ce qui complique les choses, c'est que les Québécoises
d'origine française se questionnent dans le même temps sur
leur propre identité. Une conférencière développe
la réflexion sur le sujet.
Les femmes des communautés culturelles ont
pour la plupart fait un choix personnel de s'établir au Québec.
En général, elles sont en mesure d'être partie prenante
dans un processus de changement socio-politique. Bien qu'on les dise
«gardiennes des traditions», elles sont capables d'intégrer
les valeurs culturelles d'un autre groupe humain et de les transmettre
à leur progéniture.
La «question nationale» , qui n'est
pas très claire pour plusieurs Québécoises d'origine
canadienne-française, ne l'est pas plus pour les Québécoises
issues des communautés culturelles. Préoccupées par
cette question, les Québécoises de souche française ne
peuvent pas toujours porter attention au vécu des femmes d'autres
origines face à cette question.
Dans l'univers nationaliste, il est courant de
penser que les Québécois d'origine autre que française
sont un obstacle à la réalisation du projet de souveraineté
(analyse du vote allophone au référendum, prises de position
du chef du Parti québécois, etc).
Il se pourrait que les motivations profondes
qui portent des Québécois d'origines ethniques diverses et
des Québécois de souche française à avoir au scrutin
secret un comportement identique, si on en juge par les résultats,
soient mieux cernées.
Lorsque les femmes se décideront à
parler entre elles de la question nationale, il se pourrait que celle-ci
soit mieux comprise par tout le monde. Il se pourrait que les Québécoises,
toutes origines confondues, parviennent à situer les véritables
enjeux de la question nationale permettant ainsi aux politiciens d'ajuster
leurs propos
Marlène Rateau (table ronde 2)
Point de ralliement des femmes d'origine haïtienne, montréal
Cette réflexion peut être une réponse à différentes
remarques faites aux femmes «québécoises de souche»
faites en plénière par des femmes immigrantes, des remarques
comme les suivantes.
- Plusieurs femmes immigrantes ne se sentent pas acceptées des
Québécoises, même dans des lieux féministes.
-
On sent chez les Québécoises une ambivalence,
une peur de se faire prendre leur place.
-
Les femmes autochtones et les femmes immigrantes
n'ont pas le choix de confronter la différence: c'est depuis
récemment que les femmes «québécoises de souche»
veulent intégrer la réalité des Québécoises
d'autres origines ethniques dans leur démarche.
Pour des femmes autochtones, les questions d'identité se posent
aussi, même si c'est plus au niveau d'une identité perdue
à redécouvrir.
Avant de pouvoir m'identifier en tant qu'amérindienne,
il a fallu que je me réapproprie une identité. Cependant s'identifier
n'est qu'un début de connaissance. Ici, ce qui m'a surprise, c'est
la non-connaissance que nous avons des femmes amérindiennes ou
des femmes immigrantes. Ce colloque a su révéler cette ignorance
et susciter en nous le désir d'en connaître un peu plus.
Constance Robertson (plénière)
femme autochtone vivant en milieu urbain
Petit abc de l'immigration
Trois grandes raisons pour immigrer
- Des raisons politiques: par exemple, fuir son pays en guerre.
- Des raisons familiales: rejoindre un conjoint, un membre de sa famille
qui vit déjà au Québec.
- Des raisons économiques: améliorer sa situation.
-
1 /4 des immigrants sont des femmes;
-
60% des immigrantes sont mariées; 47% des femmes ont entre
15 et 34 ans;
-
46% des immigrantes ne connaissent ni le français ni l'anglais
à leur arrivée.
Sonia Anguelova (table ronde 1 ) centre international des femmes
de québec
Le parrainage: une définition patriarcale de
1919
Le contrat de parrainage est une entente signée
entre l'Etat et un garant, dans la majorité des cas le mari pour
une femme, qui s'engage à fournir gîte, nourriture, aide financière,
appui moral et aide à l'intégration de la personne parrainée
pour une période de dix ans. Quel paradoxe lorsque mari et femme
sont tous les deux en processus d'adaptation et d'intégration!
En 1982, le nombre d'admissions d'immigrants parrainés
totalisait 76,3%. De ce nombre, 42,5% étaient des femmes admises
dans la catégorie de la famille comme personnes à charge
parrainées pour dix ans.
Elizabeth Montecinos (table ronde 1) Maison Flora Tristan, Montréal
Le fait d'être parrainée enlève
aux femmes différentes mesures qui pourraient les aider à
s'intégrer: allocations financières pour la formation linguistique,
frais de garde durant la formation, prêts et bourses, etc. Les
femmes en attente du statut de parrainées se voient, elles, exclues
de tous les programmes et services accordés à n'importe lequel
citoyen. Un autre effet de ce statut de parrainée est d'empêcher
les femmes vivant l'hostilité de leur conjoint de réagir.
Comme parrainées, elles ne peuvent quitter le foyer conjugal et
doivent supporter l'indifférence sociale et institutionnelle.
Il est donc temps de réviser les vieux
concepts idéologiques et les lois accréditant la «dépendance
naturelle» des femmes et de concilier les droits et les recours,
les besoins et les ressources alternatives pour les femmes qui emigrant
ici.
Elizabeth Montecinos (table ronde 1) Maison Flora Tristan, Montréal
Parrainage et violence: un exemple
Une femme bengladeshi à Montréal,
mariée très jeune à un homme violent, l'a enfin quitté
avec ses enfants, protégée par notre centre. Le mari est retourné
au Bangladesh; la femme s'est vue refuser sa demande de statut de réfugiée
ici. Mais si elle retourne au Bangladesh, le mari a juré de la
tuer et de donner à sa mort l'apparence du suicide. Il est ensuite
déterminé de forcer ses filles, âgées de 12 et 14
ans, à se marier. On croit qu'il n'aurait aucune difficulté
à tenir cette promesse et ne subirait aucune conséquence légale.
Mela Sarkar (table ronde 1 )
centre des femmes du sud asiatique, Montréal
On oublie souvent de resituer à l'échelle
internationale les questions auxquelles on se confronte. Pourtant, cela
explique bien des choses comme ce qui suit en témoigne.
L'immigration est marquée par les éclatements
politiques, la détérioration des économies nationales
et régionales, l'internationalisation de la main d'oeuvre, les
intérêts et les ingérences des nations mieux nanties.
Les critères d'admission au Canada sont déterminés par
ce contexte et l'esprit humanitaire vient au dernier rang. Cela explique
qu'on ne revise pas des définitions d'immigrants datant de 1919.
Elizabeth Montecinos (table ronde 1) Maison Flora Tristan, Montréal
On ne peut pas régler à l'échelle
locale tous les problèmes vécus par les immigrants ici. Plus
il y aura de violence ailleurs, plus il y aura des gens qui voudront
émigrer, se réfugier et plus on va en refuser et plus les
femmes vont être obligées de retourner là-bas et de subir
la violence.
Excusez-moi, je vais le nommer tel que c'est:
il y a des femmes qui se font éventrer dans les pays en guerre
et c'est ça qui m'a réveillée. Il y a des bébés
qui se font ébouillanter devant leur maman. Ça, je pense que
c'est la pire des violences. Et si les grands pays s'en mêlent
- on parle de devoir d'ingérence avec toutes les nuances qui peuvent
aller avec - les victimes vont en bénéficier, ça pourrait
sauver certaines femmes.
Edith Mukakagumba (plénière)
comité québécois femmes et développement
Être femme immigrante
Un dénominateur commun: l'isolement et les nombreuses
barrières
Trois intervenantes nous font part de la difficulté des femmes qui
se retrouvent immigrantes.
Elles viennent rejoindre leur mari, souvent un inconnu dans
le cadre d'un mariage arrangé Elles se retrouvent dépendantes
de lui pour dix ans.
Dans le cas d'un mariage relativement harmonieux, le manque
de soutien familial et l'isolement imposé sont une source
de difficultés. Les hommes, eux, se recréent un réseau
de copains de travail et préfèrent souvent voir leur
femme à la maison pour maintenir leur pouvoir sur elle. Le
froid, la peur, le manque de connaissances linguistiques augmentent
l'isolement de ces femmes.
Mela Sarkar (table ronde 1) centre des femmes du sud asiatique,
Montréal
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Faire le deuil de son passé, partir à zéro;
se refoire une personnalité et en même temps sauvegarder
pour sa famille l'ordre dicté par sa culture d'origine.
Apprendre une langue difficile: le français.
Ne pas se voir reconnaître ses diplômes s'ajoute
à la difficulté de la langue pour l'accès au travail.
Devant des difficultés multiples, les femmes immigrantes
se tournent vers les emplois mal payés.
L'isolement des femmes immigrantes accentue les difficultés
d'intégration.
Sonia Anguelova (table ronde 1) centre international des femmes
de québec
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La femme haïtienne est une femme comme toutes les autres et
donc victime d'un système de rapports inégalitaires entre
hommes et femmes depuis la nuit des temps. Elle cherche timidement,
inconsciemment ou consciemment, à améliorer ses conditions
de vie et à foire respecter ses droits.
Elle possède aussi des vulnérabilités distinctes qui
relèvent de différentes sources: valeurs et vécu culturel
propres, choc migratoire, stress résultant de l'adaptation à
foire,etc.
Des facteurs sociaux fragilisent certaines femmes et affectent leur
santé physique et morale: leur couleur noire, l'analphabétisme
ou du moins la difficulté à parler français, la monoparentalité
avec plusieurs enfants ,etc. De plus, les situations de vie sont souvent
difficiles: travail pénible à faible revenu, chômage,
logement restreint, racisme, discrimination, illusions face à la
migration, réunification familiale, responsabilités dans le
pays d'origine, parrainage, violence conjugale, tabous et croyances
et la liste pourrait s'allonger. Même des situations normales comme
le fait que les enfants s'intègrent plus vite qu'elles et transforment
leurs valeurs les affectent. Dans le même temps, les femmes haïtiennes
dans bien des cas perdent leur réseau d'entraide, n'ont plus accès
aux moyens traditionnels tout en se sentant incapables d'utiliser les
outils occidentaux.
Aussi souffrent-elles facilement de nervosité et d'inquiétude,
pouvant aller jusqu'à la paranoïa, de dépression, de
tension artérielle élevée, d'insomnie et de migraines
et finalement de mésestime de soi.
George-Marie craan (ATELIER 4) association canadienne de la santé
mentale
La double taxe du sexe et de la couleur
Pour nous, femmes de minorités visibles,
le sexisme s'associe au racisme pour constituer ainsi une double oppression.
C'est un fardeau lourd à porter. Toutes nos énergies sont
consacrées à lutter contre le racisme et le sexisme.
Nous devons constamment prouver notre compétence.
Rien ne nous est donné. Nos relations quotidiennes sont entachées
de racisme, imaginaire ou réel. La méfiance, la suspicion,
l'agressivité, le repli sur soi, l'isolement sont des moyens de
se défendre face à un environnement hostile.
À travers les siècles, l'image de
la race noire a toujours été constante: celle d'une race non-civilisée,
inférieure à celle des Blancs, peu évoluée, bon
enfant, incapable de se prendre en charge. Cette image, ces étiquettes,
intériorisées par les Noirs, conditionnent leurs relations
avec leur environnement.
La femme noire, dans ce schéma global,
est coupable. Coupable de mettre au monde des enfants noirs et de perpétuer
ainsi le racisme et l'opprobre. Elle est coupable parce que, à
travers elle, l'homme blanc humilie l'homme noir. (viol...).
La femme noire a donc un problème d'image
(pourquoi suis-je noire?) parce que en tant que femme noire la société
lui renvoie toujours des images négatives, lui déniant ainsi
le droit à une quelconque humanité. Sa légendaire sexualité
est la seule qualité qui la conserve à la périphérie
de la vie collective.
Doublement taxée par son sexe et sa couleur,
la femme noire s'est toujours retrouvée au bas de l'échelle.
Économiquement pauvre, elle n'a pu avoir accès à une
éducation avancée et elle est donc, généralement,
peu Qualifiée. De ce fait elle est confinée à des emplois
peu rémunérateurs. Vulnérable, elle subit son oppression
par crainte de perdre son emploi, étant le gagne-pain de la famille.
Victime de racisme et de sexisme par l'homme
blanc, la femme noire les subit aussi de la part de son partenaire sexuel,
l'homme noir. Dévalorisée par celui-ci, elle ne retrouve pas
dans son milieu naturel le soutien qui lui permettrait de faire face
au monde extérieur hostile. Opprimée par les uns et les autres,
elle se réfugie dans la drogue, la prostitution et surtout, dans
la religion. Elle tente, par ces moyens, de faire face à un avenir
désespérant.
Maud Pierre Pierre (table ronde 2) point de ralliement des femmes
d'origine haïtienne, Montréal
Les réfugiées: une situation dramatique
Si la situation des immigrantes est souvent très dure, celle des
femmes réfugiées est dramatique. Une intervenante en donne
un aperçu.
Quand on quitte son pays pour des raisons politiques, on fait partie
de la catégorie des réfugiés. C'est une catégorie
régie par la loi d'immigration du Canada, conformément à
la convention de Genève.
-
Une personne réfugiée craint avec raison
d'être persécutée du fait de sa race, sa religion,
sa nationalité, son appartenance à un groupe social, ses
opinions politiques. Des pressions sont exercées cette année
pour que le sexe soit intégré dans les différentes
formes de persécution reconnues.
-
Est reconnue aussi comme réfugiée toute
personne se trouvant hors de son pays à cause d'une guerre, d'un
changement de régime politique et incapable de retourner par
crainte pour sa sécurité personnelle
Une arrivée différente pour les femmes réfugiées
Elles arrivent ici avec leur famille mais on ne prend en compte que
l'histoire du mari. Pourtant, elles ont aussi leur propre histoire et
ne connaissent pas toujours l'implication politique de leur mari. A
la frontière, elles sont traitées de façon humiliante.
En présence de leur mari, elles ne savent pas raconter leur histoire
ou n'osent pas aborder le viol ou les agressions qu'elles ont connus.
À l'intérieur de vingt-huit jours, elles doivent passer la
visite médicale, se trouver un avocat, demander l'aide sociale
(un minimum) et elles n'ont pas droit aux allocations familiales.
La culture du pays d'origine: une autre barrière
Certains pays prétendent respecter la Déclaration
des droits de la personne et réfutent les revendications des femmes
au statut de réfugiée. Leur situation serait «normale
compte tenu du contexte culturel du pays.
Est traitée comme ingérence culturelle
toute tentative de reconnaître une persécution spécifique
des femmes.
Il est donc difficile pour les femmes de raconter
leur histoire et de prouver que si elles retournent dans leur pays,
elles seront sujettes à des sanctions. Par ailleurs, les règlements
de l'immigration ne sont pas ouverts à des critères humanitaires.
Rivka Augenfeld (table ronde 1)
table de concertation de montréal pour les
réfugié-e-s
Immigrantes partout
Une fois qu'on est immigrante, on risque fort de le demeurer toujours.
En peu de mots, une participante dit tout.
Lorsqu'on retourne dans notre pays d'origine, après vingt-cinq
ans au Québec, on est comme... immigrant: on ne connaît personne,
on doit tout recommencer à nouveau. Ici, on ne nous accepte pas,
on nous dit qu'on est immigrant et dans notre pays, on ne nous accepte
pas, on nous dit qu'on est immigrant. Quand on est rendu à quarante
ans, c'est comme ...on n'a pas de pays!
Rose-Marie Mésidor (plénière) halte-femmes de
Mmontréal-Nord
Les dix commandements d'Aoura
À la lumière de ce qui précède,
on comprend bien le propos d'Aoura.
-
Ne demandez pas en premier lieu à
une femme immigrante de quel pays elle vient. Demandez-lui
plutôt comment elle s'appelle. Ses origines, vous les
connaîtrez par la suite.
-
N'ayez pas peur d'être amicales.
N'ayez pas peur de toucher.
-
Faites le premier pas car vous êtes
plus outillées qu'elle. Vous avez des tripes. Montrez-les!
-
Ne vous demandez pas si elles veulent
bien de vous. Elles se posent la même question.
-
N'oubliez pas que l'allure distante
de certaines n'est qu'une protection contre le rejet qu'elles
subissent quotidiennement.
-
Dans le cas où l'immigrante ne
répondra pas favorablement à votre approche, dites-vous
qu'elle est peut-être surprise, qu'elle n'a pas su comment
réagir; dites-vous aussi qu'elle n'oubliera jamais votre
geste.
-
Appliquez-vous à connaître
et à respecter les différences.
-
Acceptez-les! les cheveux crépus,
les yeux en amande, la peau noire ne sont que l'emballage
des immigrantes.
-
À l'intérieur, il y a des
femmes qui aspirent à une certaine sécurité
financière, qui voudraient que leurs enfants aient une
vie plus facile que la leur et surtout, qu'ils soient plus
scolarisés qu'elles et qu'ils fassent tout ce qu'elles
n'ont pas pu faire . Elles aspirent à vivre en harmonie,
en famille et en société Un peu de bonheur, quoi!
Mis à part l'emballage, qu'ont- elles de si différent?
-
Acceptez-les! Faites cela en souvenir
de moi!
Aoura Bizzarri (table ronde 2) Collectif des femmes immigrantes
du Québec
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- Les similitudes entre femmes de toutes origines ressortent beaucoup
plus que les différences au sein du colloque. Plusieurs constats
vont dans ce sens.
- Nous vivons partout les mêmes problèmes: santé, isolement,
violence.
- Rien de plus international que le sentiment de culpabilité
qui habite les femmes.
- Nous partageons des valeurs communes à la recherche des harmonies.
- Nous ignorons souvent nos propres cultures, nous avons oublié
notre histoire, surtout si nous appartenons à une communauté
autochtone.
- Nous abattons une quantité de travail incroyable et nous
menons une même lutte pour la survie, pour la reconnaissance
des droits des femmes. Dans ce colloque, nous avons le même
vocabulaire pour décrire les mêmes pratiques d'intervention:
briser l'isolement, sensibiliser, etc. Nos expertises sont semblables.
- Nous avons le même désir d'unir nos forces.
Le mouvement des femmes au Québec
Le mouvement des femmes fait évidemment l'objet de discussions.
Voici un échantillon d'opinions là-dessus.
Je me suis rendu compte qu'il y a trois mondes.
Il y avait le monde des femmes autochtones, le monde des femmes
immigrantes et le monde des «Québécoises de souche».
Mais ça ne s'était pas arrêté de fonctionner. C'étaient
trois mondes parallèles qui avançaient, qui bougeaient, qui
s'étaient arrangés chacun de son côté. Chacun était
rendu à son degré de développement, chacun avait fait
sa prise de conscience mais dans des points tout-à-fait différents
l'un de l'autre.
Marjorie Villefranche (plénière) maison D'Haïti
Je vais vous dire aussi que le mouvement des femmes au Québec
va devenir métissé. Savez-vous ce que ça veut dire
ça? Qu'on couche avec! Il va falloir coucher avec. Il va falloir
qu'il engendre un bébé métis. Ce bébé-là,
avant de le faire, pensez-y: on va se chicaner. Les amours si belles,
ce ne sont pas celles où on ne se chicane pas. N'ayez pas peur
de la chicane. N'ayez pas trop peur de ça.
Auadalupe Vento (plémère)
centre international des femmes de québec
Dans certains centres, certains regroupements, il se passe des
choses assez affreuses en ce qui concerne les déchirements,
les accusations de racisme de toutes sortes. Peut-être qu'on
n'est pas arrivées jusque là encore, on peut profiter de
cette expérience. C'est un voeu pour l'avenir: qu'on puisse être
«distinctes» mais vraiment distinctes pour faire des choses
d'une meilleure façon.
Rivka Augenfeld (plénière)
table de concertation de montréal pour les réfugié-e-s
Le mouvement des femmes du Canada a fait un
bout de chemin plus grand que celui du Québec quant à
son accessibilité et ses liens avec les femmes différentes
de la majorité. En rapport avec cette question, il y a eu l'échec
du cinquantième anniversaire du droit de vote avec Femmes en tète,
puis des progrès avec le colloque Féminin pluriel. Et maintenant,
ce colloque représente un autre pas significatif.
Diane Lemieux
regroupement québécois des CALACS
Enfin, on a aussi suggéré en plénière d'analyser
le cheminement du mouvement féministe au Canada anglais. De profiter
de l'expérience positive du NAC (Comité canadien d'action
sur le statut de la femme) et d'éviter les déchirements de
plusieurs groupes dans leurs rapports avec les femmes des communautés
ethniques, surtout celles des minorités visibles.
Les sept nouvelles questions de Françoise
À une des tables rondes, une intervenante reprend ce questionnement
sur le mouvement des femmes.
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- Le féminisme d'aujourd'hui répond-il aux besoins des
femmes de demain? Est-il trop, pas assez militant? Comment prendre
le temps de refaire des débats nécessaires?
- Comment allons-nous le rendre nécessaire et attrayant pour
toutes les femmes, quelle que soit leur origine? Comment nous
sentir bien à travailler ensemble?
- Comment faire le pont avec les hommes qui le veulent?
- Comment nous assurer que les femmes les plus pauvres, celles
qui n'ont pas encore de voix, prennent enfin le train du féminisme
et profitent des acquis réservés encore à une minorité?
- Comment faire en sorte que nos groupes, financés surtout
pour les services qu'ils offrent, demeurent des lieux de rassemblement
et d'action?
- Est-il possible d'unifier le mouvement des femmes pour lui donner
une force de frappe plus grande?
- Comment résister au vent de découragement qui gagne
beaucoup de groupes dans une conjoncture tellement difficile?
Où retrouver espoir?
Françoise David (table ronde 4) l'r des centres de femmes
du québec
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Un féminisme, plusieurs chemins
Pour se connaître et s'accepter, il faut
commencer par se raconter les unes aux autres. C'est ce que font les
conférencières suivantes. Nous résumons leurs propos.
Etant jeune, je ne croyais pas avoir vécu grand-chose d'important
pour vous parler mais le développement de mon féminisme vaut
la peine d'être conté. C'est ma mère qui m'a transmis ses
idées féministes sans vraiment s'en rendre compte. Elle m'a
dit, par exemple, qu'un homme qui vous aime s'implique à fond avec
vous et que cela s'exprime par des gestes concrets accompagnés de
respect.
Une question me préoccupe beaucoup, c'est
la peur des femmes. Cette peur provient des vieux stéréotypes.
La peur de ne pas être aimée, en particulier, fait quelquefois
accepter l'inacceptable. Après trois semaines de grand amour, l'homme
de ma vie me dit des choses blessantes, profite de mon argent et je
dois le mettre à la porte.
La peur de l'inconnu et la peur de manquer d'argent
sont aussi à repousser. Avoir un toit, manger tous les jours, ça
suffit. Ce n'est pas le Pérou mais au moins, je suis respectée
dans la vie que je mène. Il faut avoir le courage de regarder la
réalité en face et de garder l'estime de soi.
Il ne faut pas avoir peur de demander non plus
: le pire qui peut arriver, c'est de se faire dire non. Il faut arrêter
également d'avoir peur d'être jugée et surtout arrêter
de juger les autres femmes. Enfin, l'amitié entre femmes est le
meilleur remède à nos problèmes.
Lise deslauriers (table ronde 4) centre des femmes de shawinigan
A 64 ans, je me rappelle que les choix de carrière
n'étaient pas grands pour les jeunes femmes: infirmière, institutrice
ou secrétaire. Alors j'ai choisi secrétaire pour trente-deux
ans, même après mon mariage.
À 48 ans, un cancer du sein change ma vie.
Je réalise que je n'ai jamais aimé mon travail de secrétaire.
C'est alors qu'à l'invitation de ma fille, j'assiste au Colloque
Accoucher ou se faire accoucher. Je fais connaissance avec le Centre
de références et m'y implique comme bénévole. J'aime
y rencontrer des femmes mais je me trouve incompétente. Je vais
chercher différentes formations qui me sont utiles dans ce que
j'aime le plus faire: aider les femmes.
Je travaille depuis douze ans au centre et je
suis devenue permanente. Parallèlement, je fonde l'Association
des mammectomisées dans la région de l'Amiante et je m'implique
dans différents organismes communautaires et autres.
Josette dostie-paquette (table ronde 4)
centre de références pour les femmes de la région de
l'amiante, Thetford-mines
Au CEGEP, je préfère jouer à
la marelle plutôt que de régler le sort du monde avec des
révolutionnaires à la ligne juste. M'étant fait faire
la morale par l'un d'eux à propos des femmes opprimées, je
m'investis avec une copine dans la préparation du 8 mars. Notre
réalisation: un immense pénis de 25 pieds de long, gonflable
et transparent, suspendu dans le mail du CEGEP. Dessus, on pouvait lire:
«La phallocratie, c'est de l'air». À la fin de la journée,
la preuve en était faite, le membre viril était tout dégonflé!
De retour dans le Bas du fleuve, je tombe sur
la gang de l'Association du planning des naissances dont je reste toujours
nostalgique. On formait un beau mélange de jeunes et de vieilles.
C'est là que j'apprends concrètement le féminisme: partage
des responsabilités mais sans obligation ni culpabilité. Je
représente ensuite mon association à la Coordination nationale
pour l'avortement libre et gratuit. Un choc...! Je devais être
la plus jeune et la plus ignorante. Je me retrouve au comité finances
de la Fédération nationale pour le planning des naissances.
Ma prochaine remise en question m'amène,
moi et mes amies, dans l'aventure des RSSP (les relations sexuelles
sans pénétration), l'utilisation du spéculum et de l'auto-examen.
C'est là que le mot «engagement» a pris un sens pour
moi. Pour que mon implication soit bonne pour moi, il faut que j'y trouve
une source de plaisir.
Je me retrouve ensuite à l'Institut Simone
de Beauvoir et reconnais mes propres préjugés entretenus par
mon éducation hétérosexuelle. Je retourne dans le mouvement
des femmes à L'écho des femmes de la Petite Patrie où
à travers les éclats de rire et les larmes, nous inventons
un lieu pour que les femmes puissent changer les règles du jeu
patriarcal.
Le goût de vivre à nouveau en région
et mes amours m'amènent à Rouyn-Noranda.
Je suis toujours partie prenante du mouvement
féministe et je saute encore dans les cases de marelle dessinées
par les enfants sur les trottoirs.
Sylvie Nicole (table ronde 4)
Collectif féministe de Rouyn-Noranda
Dans les années '70, je suis sensible aux
revendications du FLQ lors de la crise d'octobre. Je commence à
travailler dans le Centre-Sud de Montréal et je réfléchis
sur le service social, mon travail. Je me souviens du féminisme
de combat de ces années. Pour ma part, je m'implique dans l'animation-conscientisation
avec des femmes dans une perspective politique axée davantage sur
les luttes ouvrières et populaires. J'ai conscience de l'oppression
des femmes mais je place la lutte politique avant tout et je ne vois
pas bien les rapports hommes-femmes ni la violence qui en découle
trop souvent.
De l'appui critique au PQ en '76 je passe au
mouvement d'extrême-gauche avec En Lutte. Dans ce mouvement, les
féministes sont qualifiées de bourgeoises parce qu'elles divisent
les hommes et les femmes alors que le socialisme doit tout régler.
La maternité en 1980 change ma vie. Je
découvre l'enfance, la tendresse et les responsabilités. La
condition féminine me révolte et les hommes me désespèrent!..
Je suis engagée à l'R en 1987 et ce
milieu devient un lieu de découvertes majeures 20 en rapport avec
les revendications des femmes et un lieu d'apprentissages et d'amitiés.
Entretemps, je me trouve un chum et c'est... le bonheur!
Je me pose plusieurs questions nouvelles par
rapport au féminisme (voir Les sept nouvelles questions de Françoise
). Ce qui m'aide, ce sont les femmes âgées qui continuent,
les hommes qui évoluent et un réseau comme L'R.
Françoise David (table ronde 4) l'r des centres de femmes
du québec
Depuis 1972, année de mon arrivée
à Montréal, j'ai beaucoup appris en faisant mon travail d'intervenante.
De 1972 à 1976, je vis l'époque des luttes qui débouchent
sur des services proches des besoins des gens. C'est un moment fort
d'organisation pour nous du Bureau de la communauté chrétienne
des Haïtiens de Montréal. Nous travaillons surtout pour aider
les Haïtiens au niveau de l'immigration.
M'approprier l'analyse de classe était
pour moi une démarche systématique de conscientisation. Je
suis très impliquée dans l'action familiale, les services
et l'action communautaire, participant aux 8 mars et aux manifestations
de solidarité avec différents groupes de femmes en lutte.
En 1982, je fonde le Centre haïtien d'action
familiale où, avec d'autres, je propose des rencontres aux femmes.
Contrairement aux premières interventions où ma position était
de savoir, de porter remède, de vouloir guérir...mon regard
change. Je suis devenue celle qui va solliciter les femmes pour trouver
des solutions plus adaptées. Il faut privilégier l'action
collective.
De 1987 à 1989, les femmes avec qui j'ai
travaillé confirment l'importance de notre action: retour aux études
pour quelques-unes; démarche d'autonomie dans la relation de couple;
gestes affirmatifs au niveau économique; présence au comité
d'école. Présentement, le problème le plus crucial se
retrouve dans la relation parents/enfants.
J'ai milité et milite encore dans certains
groupements...mais il me semble qu'il n'y a pas de véritable changement
sans transformation individuelle. Cela ne va pas sans anxiété...aussi
je me conseille à moi-même et aux femmes une démarche
de croissance et de mieux-être où nous expérimentons
diverses approches corporelles pour atteindre la détente.
Un autre aspect important dans mes interventions
est de prendre conscience de cette façon subtile que nous avons
d'éviter les conflits en les occultant...mais qu'en est-il de nos
besoins à nous?
Des interventions, un itinéraire, un processus
qui s'échelonne dans le temps, cela demande de la patience, de
la ténacité mais cela apporte bien des satisfactions personnelles
aussi.
Renée Condé-Icart ( atelier 4)
centre haïtien d'action familiale, montréal
Les pratiques
Nous abattons une quantité de travail incroyable!
Nous vous présentons de façon résumée plusieurs exemples
apportés dans les tables rondes et les ateliers.
FEMMES AUTOCHTONES EN MOUVEMENT
L'Association des femmes autochtones du Québec a été
fondée à cause de l'importance des femmes dans chacune des
communautés et à cause de leurs nombreux besoins. Nous regroupons
huit conseils régionaux de différentes nationalités et
un conseil de femmes autochtones en milieu urbain. Une responsable de
chacune des communautés se retrouve au conseil d'administration
de l'association et une fois l'an, se tient l'assemblée générale.
Notre principal travail est la sensibilisation. Les groupes locaux
acheminent des recommandations au CA, surtout dans le domaine de la
défense des droits des femmes et du support aux conditions de vie.
Nous avons mené une bataille importante pour faire amender
la loi C-31 qui fait perdre leur statut aux femmes autochtones épousant
un non-autochtone. Mais la nouvelle loi fait en sorte qu'à la troisième
génération, le petit-fils qui se marie à une non-autochtone
perd son statut.
Dans le cadre de l'accord du lac Meech, nous nous sommes battues
auprès des chefs des Premières nations pour avoir une place.
Au Québec, les femmes siègent à l'Assemblée des
premières nations mais elles n'ont pas le droit de vote. Elles
veulent faire reconnaître leur droit à l'égalité.
Nous sommes aussi très actives pour contrer la violence
familiale et pour implanter un service de garde. Enfin, nous offrons
des services aux détenues et ex- détenues et les différents
services nécessaires dans les communautés.
Dolores André
montagnaise, association des femmes autochtones du québec
 À partir de 1987, l'association a poursuivi son
travail de sensibilisation en se concentrant surtout sur la violence
faite aux femmes et la violence familiale. Nous avons fait des recommandations
à l'Assemblée générale des Premières nations.
Nous avons aussi lancé une campagne de publicité en cinq langues
avec comme thème «La violence nous déchire: réagissons!».
À partir de 1988, nous avons eu une coordonnatrice pour organiser
une tournée avec des ateliers de sensibilisation.
En 1990, il y q eu la publication d'un bulletin des femmes indiennes.
Trois numéros ont été distribués dans 5000 foyers
autochtones. Mais maintenant, il n'y a plus d'argent pour le publier...
Nous avons participé à un guide de ressources sur la violence
conjointement avec le ministère de la Santé et des Services
sociaux du Québec.
En 1991, grâce à des subventions, nous avons procédé
à une évaluation des programmes d'intervention en matière
de violence familiale. Suite à cela, nous avons développé
un programme de formation pour les personnes qui interviennent dans
trois communautés et celles qui les administrent.
Un comité d'intervenantes composé d'infirmières, policières,
travailleuses sociales, intervenantes en maisons d'hébergement,etc
s'est déjà réuni à cinq reprises pour élaborer
un plan d'action global et différentes activités à caractère
culturel. Parallèlement, l'association participe à différents
colloques et commissions sur la violence. Enfin la création d'un
comité ad hoc d'hommes autochtones a permis d'identifier les moyens
à privilégier afin de sensibiliser les hommes.
Chistine Sioui abénakie, association des femmes autochtones du
québec
 II y a trois groupes de femmes autochtones en
milieu urbain qui se réunissent régulièrement: à
Hull, à Québec et à Montréal. À Montréal
seulement, on compte 100 membres anglophones et francophones. Leurs
buts et objectifs sont les mêmes.
Ces groupes tâchent de faire reconnaître que les droits ne
devraient pas être restreints aux lieux de résidence. Nous
voulons contrer la politique néo- colonialiste d'assimilation.
Nous faisons aussi valoir qu'aucune autonomie politique n'est viable
sans l'égalité des hommes et des femmes.
La santé des femmes autochtones en ville est facilitée par
l'existence de services qu'elles ne retrouvent pas dans les communautés
(transport à l'hôpital, dentisterie, etc.) mais les approches
ne sont pas adaptées et surtout il y a de sérieux problèmes
de logement, d'emploi, de formation et de communication sur lesquels
les groupes travaillent. Nous sommes aussi très préoccupées
par le suicide es jeunes et l'abus d'alcool et de drogue.
De plus en plus, les femmes autochtones sont présentes
dans les conseils de bande des communautés et on dénombre
six femmes cheffes.
Il y a différentes façons de nous appuyer:
revues, rencontres, diffusion de vidéos, participation à des
centres d'amitié, réactions communes contre les coupures,
etc.
Véronique Thusky
association des femmes autochtones du québec
IMMIGRATION
Un lieu d'accueil comme le Centre international des femmes de Québec
constitue une ressource essentielle pour aider les femmes immigrantes
à s'adapter à leur situation nouvelle. Interprétariat,
accompagnement, information et référence, formation et jumelage,
échange ou hébergement en cas de violence conjugale sont des
services nécessaires pour sortir les femmes immigrantes du ghetto.
Sonia anguelova
centre international des femmes de québec
VIOLENCE CONJUGALE
Secours aux Femmes existe depuis dix ans et demeure un organisme
de première ligne, accessible à toute heure du jour ou de
la nuit. Les services que nous offrons ne se limitent pas à l'hébergement
mais incluent des activités propres à comprendre le cycle
de la violence et les moyens de s'en sortir.
Notre expérience nous montre qu'il n'y a pas de différences
entre les femmes immigrantes et les femmes québécoises qui
sont victimes de violence. S'il y a une différence, c'est celle
que crée la loi sur le parrainage qui renforce les rôles
traditionnels encore très forts dans certains pays et les difficultés
liées à l'adaptation à un nouveau pays, notamment la
difficulté d'accès aux ressources disponibles.
Nous organisons depuis un an des rencontres de sensibilisation dans
une école où sont présentes diverses communautés
culturelles. Nous avons aussi un projet de théâtre. Nous
essayons de sensibiliser les jeunes qui pensent que la violence conjugale
n'est qu'un phénomène lié à la génération
de leurs parents.
A partir de nos interventions, nous réfutons l'idée
répandue qu'il y aurait plus de violence dans le milieu immigrant,
dans certaines races ou dans certaines classes sociales.
Omara Falcon
maison secours aux femmes, Montréal
Halte-femmes de Monréal-Nord a mis sur
pied une maison pour un hébergement temporaire pouvant répondre
aux besoins de huit femmes victimes de violence et leurs enfants. Le
côté intéressant de notre projet, c'est d'offrir un logement
de 4 1 /2 pièces, relié au centre. Ce logement subventionné
ne coûte que le quart de leur revenu aux résidentes. C'est
un service qui s'adresse à des femmes qui nous sont référées
par les CLSC et des organismes communautaires. Ce sont en majorité
des femmes d'origines ethniques diverses et lors de leur hébergement,
elles peuvent prendre le temps d'acquérir l'autonomie nécessaire
pour améliorer leurs conditions de vie. Ces femmes, nous les invitons
à prendre part aux activités du centre et en particulier,
à des cours de français.
Michèle Lavigne
Halte-femmes de Montréal-nord
PAUVRETÉ
La localisation du Carrefour des femmes dans
un HLM nous met quotidiennement devant l'évidence de la pauvreté
chez les femmes. C'est avec un petit budget et beaucoup d'imagination
que nous essayons de soulager les besoins primaires de ces femmes. Nous
organisons plusieurs activités pour briser l'isolement, favoriser
la prise en charge, faire de l'éducation, bref pour réaliser
le projet du centre. Nous offrons une garderie, une chiffonnerie, des
cours d'électricité pour se débrouiller seule, du dépannage
alimentaire et une cuisine collective, de la planification budgétaire,
une clinique d'impôt, etc.
Nancy Maher
carrefour des femmes du grand lachute
MONOPARENTALITÉ
La famille monoparentale n'est plus le propre des pays en développement.
Ici même au Québec, elle compte pour le quart des familles
et est dirigée les trois-quarts du temps par une femme. Les revenus
des mères monoparentales sont encore plus bas que ceux des hommes
monoparentaux.
Le Y a créé un service pour les mères
adolescentes. Soixante-deux femmes sont touchées ainsi que quatre-vingt-
quatre enfants et la grande majorité vit de l'aide sociale. Soixante-dix-sept
pour cent sont des femmes de couleur.
Notre programme n'est pas défini à
l'avance mais reste ouvert aux besoins qu'expriment les participantes
selon leur rythme. Nous faisons des projets de création, des activités
physiques et nous disposons de différents services de nourriture
et d'habillement.
Les problèmes liés à la pauvreté
sont les mêmes partout dans le monde et nous tâchons de faire
avec ces femmes de petits pas avec des solutions coopératives.
Mary Serdynska
y des femmes (ywca), Montréal
JUMELAGE ENTRE FEMME D'ICI ET D'AILLEURS
Notre objectif général est de briser
l'isolement des femmes. Nous le poursuivons à travers des activités
de groupe et des rencontres individuelles. De cette façon, nous
voulons favoriser les échanges chaleureux entre les femmes de différentes
ethnies et soutenir leur intégration dans la société
d'accueil.
Nous travaillons présentement à un
projet de jumelage entre femmes immigrantes et québécoises.
Une femme immigrante et une femme québécoise se rencontrent
une première fois au centre et décident elles- mêmes,
sur une base amicale, du genre d'activités qui leur convient.
Marie-Antoinette Joubert et Patricia Lazcano centre
des femmes de montréal
CUISINE COLLECTIVE
Nous avons mis sur pied un moyen pour briser l'isolement
: la cuisine collective. Six femmes se rencontrent une fois par mois
et décident de cinq repas pour elles et leur famille au coût
de un dollar par personne.
Le but déclaré est d'arrondir les
fins de mois mais dans les faits, elles le font surtout pour briser
leur isolement.
À travers la cuisine, elles développent leur estime
d'elles-mêmes, leur capacité à s'exprimer et à s'affirmer,
leurs connaissances de la nutrition. Elles échangent des services,
travaillent à la résolution de problèmes en groupe et
développent leur solidarité tout en s'amusant.
Cette activité favorise enfin l'échange
sur la condition féminine.
Louise Spencer
centre actu-elle, buckingham
OBSESSION DE LA MINCEUR
Le Centre des femmes de Verdun a décidé
d'intervenir sur l'obsession de la minceur pour amener les femmes à
faire la paix avec elles-mêmes, apprendre à s'aimer telles
qu'elles sont et redécouvrir le plaisir de manger. Les femmes qui
s'inscrivent aux ateliers sont de toutes les tailles et de toutes les
classes sociales. Elles sont écœurées des régîmes
mais elles veulent maigrir. Elles veulent surtout trouver leur «problème»,
influencées qu'elles sont par le monde de la thérapie.
Nos objectifs sont de:
-
dédramatiser les rapports des femmes
à la nourriture et à leur corps;
-
examiner les dangers auxquels elles s'exposent
pour maigrir;
-
faire connaître la notion de poids
naturel;
-
établir de nouveaux rapports avec la
nourriture;
-
retravailler la notion de beauté;
-
développer l'affirmation de soi dans
son entourage et race à la société.
Les ateliers se font dans dix rencontres. Différents
exercices sont proposés ainsi qu'une analyse historique de la transformation
du corps des femmes.
Nous proposons aux femmes de changer leurs objectifs
de minceur en objectifs de plaisir, de santé (sans les préjugés
habituels) et de bien-être.
Dominique Daigneault
centre des femmes de verdun
SANTE MENTALE
Notre programme Antidote reconnaît les conditionnements du
fait d'être née femme. Il reconnaît aussi le fait que
les femmes sont à la fois victimes et porteuses de ces conditionnements.
Pour en prendre conscience, briser leur isolement et diminuer leur culpabilité
en expérimentant autre chose, nous proposons aux femmes de travailler
quatre dimensions. Le corps, pour la vie physique, le coeur, pour la
vie affective, la tête, pour la vie mentale et l'esprit, pour la
vie spirituelle. L'action clôture le processus en permettant aux
femmes de décharger leurs émotions, en favorisant l'acquisition
de nouveaux comportements et en les axant sur le potentiel qui les habite.
Micheline Laroche
regroupement des femmes de la région de matane
VIE POLITIQUE
Nous voulons briser l'isolement et développer
l'autonomie des femmes. Le centre est un projet éducatif à
trois volets: services, activités et action collective. La vie
politique est une des activités du centre qui permet aux femmes
de mieux connaître les structures démocratiques, de s'habituer
à suivre l'actualité et de s'outiller pour exercer leurs
droits. Plusieurs femmes des communautés culturelles se joignent
à ce groupe. Ainsi, nous contribuons à l'élargissement
du champ des connaissances et à la participation de toutes les
femmes à la vie québécoise.
Johanne Bouchard
centre d'éducation et d'action des femmes de montréal
TRAVAIL DOMESTIQUE
L'Association pour la défense du personnel domestique
a été fondée en 1975 pour défendre et améliorer
les conditions de travail des travailleuses domestiques, aujourd'hui
appelées «aides familiales».
Nous avons fait inclure la travailleuse domestique dans la loi des Normes
du travail, votée en 1980. Malheureusement, la gardienne d'enfants
en est exclue. Nous mettons nos énergies à la faire protéger
par la loi.
Nous prenons maintenant une nouvelle direction en mettant en place un
service de placement efficace pour les aides familiales en nous occupant
de formation, de pratiques d'embauché, de rédaction de contrats
de travail et de leur application.
Les aides familiales répondent spécifiquement au problème
crucial de la natalité, en libérant leur employeur-e des responsabilités
domestiques et en lui permettant de poursuivre sa carrière à
l'extérieur du domicile.
Myriam Elvir et Françoise GYSELF
association pour la defense des droits du personnel domestique, montréal
FORMATION PROFESSIONNELLE
Le Centre des femmes de Laval a initié
cinq projets de formation: trois en cuisine-traiteure, un en pâtisserie
et un en aéronautique. Nous visons l'autonomie financière
des femmes avec plus de pouvoir et de responsabilités et nous cherchons
à favoriser leur action sur le développement économique.
Nous voyons le centre comme le pivot entre la
population féminine et des institutions comme Emploi Immigration
Canada et le Centre de formation des commissions scolaires. Dans ce
projet, nous considérons la commission scolaire, le rôle du
centre et les besoins de la clientèle visée.
Nous invitons les femmes immigrantes à se faire connaître
aux centres de femmes. Les immigrantes arrivent maintenant directement
à Laval. Outre des échanges avec d'autres organismes, nous
réfléchissons à une action éventuelle si le besoin
s'en fait sentir.
Diane Sabourin
centre des femmes de laval
DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE
Créé en 1977, le Regroupement des femmes
de la région de Matane est branché sur les réalités
des femmes de son milieu: secouées par la crise économique
depuis le début des années 80, les femmes manifestent
leur intérêt à participer au développement économique
de leur région et tiennent à ce que leurs besoins spécifiques
soient entendus. Dénoncer la pauvreté des femmes ne suffit
pas, il faut également développer des initiatives économiques
pour contribuer à la reprise de pouvoir sur leur vie et sur
leur milieu.
Pour ce faire, le Regroupement a entre autres développé
S'enrichir au lieu de s'appauvrir, un programme de formation en
entrepreneurship pour les femmes qui s'échelonne sur six mois.
Ce programme mise sur le transfert des compétences acquises
par les femmes au foyer. Après avoir identifié des idées
de micro-entreprises et évalué leurs compétences
et leurs lacunes, les participantes font une analyse de marché
et élaborent une stratégie de promotion. En juin 1992,
douze femmes terminent le programme et démarrent leur entreprise:
boutique de vêtements de grande taille, entrepôt de véhicules
et d'équipement, etc.. S'enrichir au lieu de s'appauvrir imprime
dans le milieu un changement d'attitude face à la situation
économique des femmes et élève le niveau de confiance
et d'affirmation des participantes.
Suzanne rouzier
regroupement des femmes de la région de matane.
Deux intervenantes traduisent en peu de mots l'esprit du colloque.
Faisons le souhait que cet esprit continue de nous habiter.
En 1990, lors du passage de Nelson Mandela à
Montréal, il y avait une grande manifestation sur la Place d'Armes
et Gregory Charles criait à tue-tête: «Ensemble, on peut
faire la différence». Alors je crois que femmes d'ici, femmes
venues d'ailleurs, femmes qui ont grandi ici de parents venus d'ailleurs,
c'est important de penser qu'ensemble, on doit faire la différence.
Renée Condé-Icart
centre haïtien d'action familiale, montréal
L'important, c'est d'accepter les autres,
d'admettre que les autres sachent autrement. Une phrase résume
bien ce qui s'est dit dans ce colloque: développer le regard qui
fait qu'on est semblable.
Marie-Dominique Bonmariage centre des femmes d'ici
et d'ailleurs
Et ça ne fait que commencer !
Une action interculturelle à poursuivre
Plus de deux cents femmes de toutes origines se sont retrouvées
à discuter d'action interculturelle pendant un trois heures très
intensif. Les idées foisonnent. Les voici regroupées et classées.
Il s'agit maintenant de les reprendre, de les évaluer et surtout...de
les mettre en pratique! La politique des «petits pas» à
faire tous les jours semble convenir à toutes.
Des choses à faire soi-même
- D'abord écouter, «écouter jusqu'à être touchée».
-
Sensibiliser les intervenantes et les participantes de son groupe
aux discussions du colloque et aux pistes d'action.
-
Mettre ce point à l'ordre du jour de la
prochaine réunion.
-
Se renseigner sur les lois de l'immigration.
-
Créer un club de maîtrise d'anxiété
interculturelle.
-
Écrire un article, un poème, une nouvelle
dans l'esprit du colloque et publier ce texte dans le journal du centre
ou dans celui d'un des groupes participants du colloque.
-
Apprendre une langue étrangère.
-
Faire connaissance avec ses voisines d'autres
origines que la sienne.
-
Se jumeler avec une femme d'une autre culture.
-
Changer l'image de son groupe dans la publicité
pour que les femmes des communautés ethniques et autochtones
se sentent les bienvenues.
-
Organiser des activités d'accueil pour les
femmes venant d'autres milieux, d'autres régions, d'autres pays.
-
Donner plus d'informations sur le centre dans
son quartier.
-
Organiser des journées «portes ouvertes»
pour les femmes des communautés ethniques et autochtones.
-
Réserver un poste dans son conseil d'administration
pour les femmes des communautés culturelles et autochtones.
-
Favoriser la représentation extérieure
du Centre par des participantes des communautés ethniques ou
autochtones.
-
Favoriser l'embauche de femmes immigrantes et
de minorités visibles dans l'équipe.
-
Rendre les activités plus accessibles, avec
la présence d'interprètes par exemple.
Apprendre les unes des autres
- Animer conjointement une activité interculturelle.
- Préparer conjointement une session de formation pour une table
de concertation du quartier ou de la région.
- Développer conjointement des projets de jumelage, des stages
de formation: entre femmes ou entre organismes du quartier, entre femmes
ou organismes de différentes villes ou régions.
- Rédiger conjointement des articles qui paraîtront respectivement
dans les bulletins ou revues des différents groupes impliqués;
ou encore rédiger ensemble un numéro spécial du journal,
ou concevoir et animer conjointement une émission de radio communautaire.
- Échanger des documents, des dossiers, des programmes d'activités.
- Organiser des échanges thématiques:
- outils d'intervention, stratégies;
- remèdes-maison, médicaments;
- accouchement;
- différences culturelles face à la santé;
- connaissances amérindiennes;
- racisme, préjugés;
- vécus différents;
- violence ici et ailleurs;
- bilans d'expériences.
-
Organiser ensemble la prochaine semaine interculturelle
en novembre 1994.
-
Préparer conjointement les prochains 8 mars.
-
Développer une chaîne téléphonique
interculturelle pour mieux se concerter.
-
Créer des familles élargies, des groupes
d'entraide.
-
Ouvrir une garderie commune, un camp de vacances
interculturel.
-
Rédiger des lettres d'appui réciproque.
-
Mettre ses expertises à la disposition des
autres.
-
Développer entre intervenantes des communications
régulières.
- Faire signer la pétition pour la réduction de la période
de parrainage de dix à trois ans.
-
Faire des pressions ensemble, par exemple pour
revendiquer le maintien des programmes sociaux et l'universalité
des soins de santé.
-
Encourager les femmes de différentes origines
ethniques qui veulent agir en politique.
- Manifester ensemble ou participer ensemble à des activités
publiques de revendications politiques.
- S'écouter et gérer nos conflits.
- Soutenir les groupes en difficulté.
- Développer des ententes sur les pratiques et viser la complémentarité.
- S'unir pour des collectes de fonds ou encore organiser une vente de
garage à l'échelle nationale pour financer un projet (par
exemple, un vidéo sur la pauvreté).
- Agir de concert au niveau local en faisant de la prévention scolaire.
Développer des analyses communes
-
Mettre ensemble nos idées sur les questions
qui nous mobilisent: pauvreté, accès à la francisation
pour les femmes immigrantes, mouvement des femmes, violence, etc.
-
Replacer ces questions dans leur contexte global
de l'échelle locale jusqu'à l'échelle internationale.
Que sont mes amies devenues?
Pour retrouver les femmes que vous avez appréciées dons l'un
des ateliers du colloque, nous vous fournissons les noms des personnes
inscrites aux ateliers avant le début du colloque, ainsi que le
nom de leur groupe. Veuillez noter que nous n'avons pas les noms des
participantes qui se sont présentées sans inscription préalable,
qui ont changé d'ateliers ou qui ne se sont pas présentées
à l'atelier. Dans la section suivante, vous trouverez les coordonnées
des groupes participants ou colloque.
ATELIER SUR LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES
ATELIER SUR LA PAUVRETÉ DES FEMMES
Personnes-ressources
Laura Diane Brisson et Roumiana Haralampiev • PROMIS, Montréal
Nancy Maher • Carrefour des femmes du Grand Lachute, Laurentides
Marguerite Surprenant • Collective des femmes de Nicolet, Bois-Francs
Mary Serdynska • Y des femmes, Montréal
ATELIER SUR L'ISOLEMENT SOCIAL DES FEMMES
ATELIER SUR LA SANTE DES FEMMES
ATELIER SUR LE TRAVAIL DES FEMMES
Coordonnées des groupes participants
Coordonnées des Centres de femmes du Québec


AUTRES ADRESSES UTILES

Quelques références documentaires
Les suggestions qui suivent sont loin d'être exhaustives. Elles
constituent tout de même un bon point de départ. En plus d'articles
à lire, de revues auxquelles s'abonner, nous listons quelques formations
disponibles et des projets en cours.
ARTICLES ET DOCUMENTS
Femmes autochtones
ÉTAT DES LIEUX, VIOLENCE ET SANTÉ MENTALE CHEZ LES AUTOCHTONES
DU QUÉBEC
Association des femmes autochtones du Québec
PRENDRE LA PLACE QUI NOUS REVIENT
Association des femmes autochtones du Québec
Femmes Immigrantes
ACTES DU COLLOQUE «LA CONDITION DES FEMMES IMMIGRANTES: EN
SAVOIR DAVANTAGE»
Faits actuels et données récentes, Les éditions Communiqu'Elles,
1989.
ACTES DU COLLOQUE «STRATÉGIES D'INTERVENTION AUPRÈS
DES FEMMES IMMIGRANTES»
Partager nos expériences et nos connaissances sur les diverses
approches en
AU NOIR, C'EST PAS ROSE!
Dossier sur les immigrantes aux prises avec le travail au noir
Au bas de l'échelle, 1993,6839 A, rue Drolet Montréal, Qué.
H2S 2T1
(514)270-7878
DÉPAYSÉES, AU BOUT DU MONDE
Photoromon sur la situation des femmes immigrantes,
Mireille Landry, 1990, Centre de ressources de la troisième avenue,
325,
boulevard St-Joseph est, bureau 3, Montréal, Qué. H2J1J3
(514)849-3271
ÊTRE MÈRE AU FOYER À MONTRÉAL QUAND ON ARRIVE
DE L'ÉTRANGER
Michèle Duval, Gouvernement du Québec, I.Q.R.S. pour le
M.C.CI., 1992.
INTERVENANTES AU SERVICE DES IMMIGRANTES
Guide d'information et de références, Les éditions
communiqu'Elles, 1989.
LES FEMMES IMMIGRÉES DU QUÉBEC
Mariangela Di Domenko, Gouvernement du Québec, CS.F., 1993.
L'IMMIGRATION FÉMININE AU QUÉBEC
Bulletin statistique, vol. 1, 1986-1990,
Madeleine Gagné, Gouvernement du Québec, M.C.C.i., 1992.
SITUATION SOCIO-ÉCONOMIQUE DES FEMMES IMMIGRÉES AU
QUÉBEC
Aleyda Lamotte, Gouvernement du Québec, M.C.C.I.,1992.
Racisme
À LA RECHERCHE DE L'ÉQUITÉ RACIALE
Compte-rendu du colloque tenu les 19 et 20 mai 1990 à l'Université
du Québec à Montréal, Collectif des femmes immigrantes
du Québec, 1991.
RACISME ET SANTÉ MENTALE: ENJEUX, IMPACTS ET PERSPECTIVES
Actes du colloque des 5 et 6 mai 1993, $14.50 Association canadienne
pour la santé mentale, Filiale de Montréal 847, rue Cherrier,
bureau 201, Montréal, Que. H2L1H6 (514)S2H993
VIOLENCE ET RACISME AU QUÉBEC
Rapport du Comité d'intervention contre la violence raciste,
François Foumier, 1992.
Rapports Interethniques
ACTES DU COLLOQUE «REGARDS SUR LES VALEURS, CROYANCES ET
COUTUMES»
Vers une approche interculturelle mieux adoptée, Les éditions
Communiqu'Elles, 1991.
FÉVRIER, MOIS DE L'HISTOIRE NOIRE
Allocutions prononcées à l'occasion de la conférence
du 31 janvier 1992 au Collège Dawson, à Montréal,
Commission des droits de la personne du Québec.
«LA MULTIETHNICITÉ: DE NOUVEAUX ENJEUX POUR LA PRATIQUE»
dans la revue INTERVENTION, Corporation professionnek des travailleurs
sociaux du Québec, no 96, octobre 1993,
$12.00 plus taxes, 5757, avenue Decelles, bureau 335, Montréal,
Qué. H3S 2Q (514)731-3935
LES COMMUNAUTÉS CULTURELLES
LE DEVOIR extra, dossier du 26 mars 1993 LE DEVOIR, 2050, rue De
Bleury, Montréal, Qué (514) 985-3333
RAPPORT D'ACTIVITÉS ET PLAN D'ACTION, COMITÉ DE VIGILANCE
ET D'ACTION POUR L'HARMONISATION DES RELATIONS INTERCULTURELLES
EN ESTRIE
Suzanne Valéry et Louise Gagné,1992.
REVUES ET PERIODIQUES
BULLETIN DE L'ASSOCIATION POUR LA DÉFENSE DES DROITS DU PERSONNEL
DOMESTIQUE
7557, bout, de Maisonneuve ouest, Montréal, Que. H3H1J9 (514)
937-6873
BULLETIN DU COLLECTIF DES FEMMES IMMIGRANTES DU QUÉBEC
7124, rue Boyer, Montréal, Que. H2S 2J8 (514)279-4246
BULLETIN DU POINT DE RALLIEMENT DES FEMMES D'ORIGINE HAÏTIENNE
CP. 108-N.D.G.. Montréal, Qué. H4A 3P4
FEMMES D'ACTION
5 numéros par année. Abonnement $15.00, $3.70 le numéro.
325, rue Dalhousie, porte 525, Ottawa, Ont. K1N 762. Par exemple, le
numéro de novembre 1993 porte sur les femmes et la pluralité
ethnique
LA GAZETTE DES FEMMES
Conseil du statut de la femme. Abonnement gratuit Voir par exemple
le numéro de mars-avril 1993 avec l'article «Madame a sonné?»
portant sur le travail domestique en résidence contre l'entrée
au pays de femmes qui veulent émigrer ici.
HORIZONS INTERCULTURELS
Institut interailturel de Montréal, 2 numéros par an Abonnement
annuel $7.24 taxes incluses, 4917, rue Saint-Urbain Montréal, Qué.
H2T2W1 (514)288-7229
IMAGES
Mensuel produit par Images interculturelles. En français et
en anglais.
Abonnement annuel: $60.00 plus taxes. Distribué gratuitement à
Montréal
Maintenant distribué dans Le Devoir une fois par mois.
Parutions antérieures: $3.00 plus frais postaux, 417, rue St-Pierre
bureau 408
Montréal, Que. H2Y2M4
Par exemple le numéro de mai 1993 (vol.2, no.5) comprenait un dossier
femmes, avec un article sur l'héritage des femmes noires, un article
sur l'élimination du racisme, un dossier sur la communauté
juive.
LA PAROLE METEQUE (revue féministe)
5005 chemin de la Côte Ste-Catherine, bureau 14, Montréal,
Qué. H3W IMS
(514)737-2666
TERRES EN VUES
Publication «consacrée à la vie culturelle actuelle
d'Autochtones bel et bien vivants», un numéro par saison.
Abonnement annuel: $20.00 770, ne Rachel Montréal, Qué. H2J2H5
(514)521-2714
FORMATION
«FORMATION INTERCULTURELLE»
Pour savoir ce qui fait battre le coeur des immigrantes, mieux comprendre
leur réalité et pour vous exprimer sur leur intégration.Formation
gratuite d'une journée pour tout groupe de 10 à 20 personnes.
Collectif des femmes immigrantes du Québec (coordonnées dons
la liste des groupes participants)
PROJETS DE JUMELAGE
«JUMELAGE ENTRE FEMMES IMMIGRANTES ET FEMMES QUÉBÉCOISES»
Centre des femmes de Montréal (coordonnées dans la liste
des groupes participants)
«JUMELAGE INTERCULTUREL ENTRE CENTRES DE FEMMES DU QUÉBEC»
C'est un projet que tente de mettre sur pied le Regroupement des
femmes de la région de Matane (coordonnées dans la liste des
centres de femmes). On veut organiser des stages de formation interculturelle
pour les travailleuses de centres de femmes de communautés culturelles
différentes.
«JUMELLES D'ICI ET D'AILLEURS.
Centre des femmes d'ici et d'ailleurs (Montréal), (coordonnées
dans la liste des centres de femmes) Le projet vise à développer
la connaissance et la compréhension entre femmes de différentes
origines et à favoriser l'amitié et l'entraide. Le centre
assure, au- delà du jumelage, des rencontres de réflexion,
de témoignages et d'évaluation des expérience!
VIDÉOS
Il serait trop long de lister ici les vidéos susceptibles de vous
intéresser. Nous vous suggérons plutôt de consulter les
différents organismes de diffusion cités plus haut.
Mentionnons tout de même le vidéo produit par la Maison Flora
Tristan sur les femmes immigrantes parrainées, «Comme en captivité»,
au coût de $40.00, qu'on peut se procurer en communiquant avec
ce groupe (coordonnées dans la liste des groupes participants).
Il y a aussi «Montagnaises de paroles», une production de
Vidéo- Femmes, qui invite à connaître trois générations
de femmes autochtones.
Nous vous invitons également à suivre à Montréal,
si cela vous est possible, le Festival de films et de vidéos autochtones,
organisé par Terres en vue, le Festival de films Vues d'Afrique,
le Festival des films chinois, le Festival des films du monde, ainsi
que le Festival Silence, elles tournent, organisé par Cinéma-Femmes.
Si vous êtes de la région de Québec, nous vous suggérons
le Festival des films et des vidéos de femmes, organisé par
Vidéo-Femmes.
MERCI ! • • • • •
La réalisation de ce colloque et la production des actes du colloque
ont été rendues possibles grâce au soutien financier
du Programme Promotion de la femme (Ressources humaines Canada), du
Ministère des Communautés Culturelles et de l'Immigration
du Québec, du Ministre de la Santé et des Services sociaux
du Québec, M. Marc-Yvan Côté et de la Ministre déléguée
à la Condition féminine du Québec, Mme Violette Trépanier.
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