Table des matières

I- Présentation du projet

1. Introduction

À quelques reprises durant ces trois dernières années, le Créca a utilisé la biographie éducative auprès de personnes qui ont un parcours particulier. À chaque fois, nous constations les effets positifs de cet outil (augmentation de l'estime de soi, plus grande confiance et détermination à poursuivre sa formation). Cependant, faute de ressources humaines et financières, nous n'étions pas en mesure d'offrir ce service de façon systématique aux gens qui se montraient intéressés. L'idée nous est venue d'approfondir notre expertise et de rejoindre un plus grand nombre de personnes peu scolarisées. C'est ce que le soutien financier du Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) nous a permis de faire en 2006. Avant de présenter brièvement l'équipe de Biographie Éducative, nous ferons un rappel du contexte et de notre mandat. La population visée sera ensuite abordée. Enfin, nous expliquerons plus en détails comment nous avons procédé pour mettre en œuvre le projet: le déroulement des travaux en quatre étapes sera présenté.

1.1 Rappel du contexte et mandat

Le projet Biographie Éducative est une réponse à la Politique gouvernementale d'éducation des adultes et de formation continue.

Comme le souligne le Plan d'action en matière d'éducation des adultes et de formation continue, «force est de constater que, parmi le nombre important de personnes qui n'ont pas une formation de base suffisante, trop peu poursuivent des activités de formation visant à remédier à cette situation»1. La situation est inquiétante puisqu'en dépit des efforts communs des commissions scolaires et des organismes d'action communautaire, il reste plusieurs personnes ayant des besoins en matière d'alphabétisation qui restent difficiles à rejoindre. Par ailleurs, plusieurs études tendent à démontrer qu'il existe un lien entre une formation insuffisante et des difficultés d'intégration sociale et économique. Le déficit de formation de base est donc préoccupant dans la mesure où il entraîne des conséquences importantes tant pour les individus que pour la collectivité.

Avec le projet Biographie Éducative, nous souhaitions rejoindre ces personnes qui, pour une raison ou une autre, n'arrivent pas à se «mettre en marche» de façon autonome. En effet, au Créca, nous avons fait le constat depuis quelques années qu'il est plutôt difficile de rejoindre les personnes peu scolarisées. Lorsque ces personnes s'engagent dans une formation, c'est souvent que quelqu'un dans leur entourage les ont encouragées et convaincues. Mais qu'en est-il des personnes qui n'ont pas dans leur entourage de «motivateurs»? Ces personnes ont souvent un réel besoin d'acquérir une formation de base, mais peuvent être démunies face aux manières de s'y prendre pour acquérir une telle formation.

C'est en partant de ce constat que nous nous sommes fixés comme mandat l'augmentation du niveau de formation de base de la population du nord de Montréal2. Concrètement, notre objectif était d'augmenter le nombre de personnes inscrites à des formations de base.

Sous-jacents à ce mandat, des objectifs plus spécifiques ont été fixés:

  • Rejoindre les parents d'enfants de trois écoles primaires (avec lesquelles un partenariat est déjà établi dans le cadre des ateliers d'aide aux devoirs offerts par le Créca) et d'un HLM.
  • Interviewer ces gens à l'aide d'une grille nous permettant de faire leur biographie éducative et de mieux comprendre leur cheminement scolaire et personnel.
  • Suite aux entrevues, diriger ces adultes vers les ressources répondant le mieux à leurs besoins (agents d'aide à l'emploi des Centres locaux d'Emploi (CLE), conseillers pédagogiques de la commission scolaire ou d'autres établissements, groupes d'alphabétisation populaire, centres de formation tant en alphabétisation, en francisation, au niveau secondaire ou professionnel).
  • Soutenir les participants dans leurs démarches d'organisation, d'information et d'inscription.
  • Informer les participants des ressources gouvernementales, privées ou communautaires qui pourraient leur offrir le soutien nécessaire dans leur démarche.
  • Avant les inscriptions de la session d'automne, faire le suivi auprès des personnes vues en entrevue afin de les encourager et trouver des solutions aux obstacles possibles.

1.2 L'équipe de Biographique Éducative

Au départ, le plan d'action mis sur pied prévoyait l'embauche d'une agente de communication et d'une animatrice de milieu qui se partageraient les tâches de recherche, de promotion du projet, d'administration de la grille, du soutien et du suivi auprès des participants et de la rédaction du bilan final.

Isabelle Ladouceur et Kathleen Ouellet ont été choisies pour remplir ces tâches. Le projet se déroulait sous la direction de Lucille Hébert, responsable des formations au Créca.

1.3 Population visée

Tout comme la clientèle du Créca, le projet Biographie Éducative s'adressait à une clientèle adulte. Au départ, notre plan était de recruter les participants au projet parmi les parents d'élèves inscrits à l'aide aux devoirs. En effet, parmi les nombreux services qu'offre le Créca se trouve, depuis 2005, un service d'aide aux devoirs dans huit écoles primaires du quartier d'Ahuntsic. En octobre 2005, une neuvième école s'est jointe au projet. Le service d'aide aux devoirs vise à développer l'autonomie chez l'enfant. Il est offert aux élèves qui ont besoin d'encadrement pour effectuer leurs leçons et devoirs et à ceux dont les parents ne parlent pas le français. À la base, l'idée était donc de rejoindre ces parents.

Au moment où le projet a débuté, nous avons dû réévaluer la situation. Les moyens de pression dus à la grève dans les écoles rendaient ce moment peu propice à proposer au personnel un projet qui soit «para-scolaire». À l'aide aux devoirs, il y avait aussi plusieurs situations urgentes à régler. Par ailleurs, la chargée de projet était au prise avec un problème qui n'était pas prévu: les nombreux remplacements des moniteurs d'aide aux devoirs. Le moment était donc plutôt mal choisi pour entreprendre des démarches afin de joindre les parents d'élèves. Cependant, une autre activité nous semblait propice à recruter des participants: le Service d'Aide à l'Emploi (SAE)3 ayant lieu au Créca. Nous avons donc décidé de corriger le tir et de nous tourner vers d'autres endroits pour recruter des participants.

Les participants ne devaient pas nécessairement être résidents du nord de Montréal, mais comme nous recrutions dans le quartier, nous nous attendions à avoir une majorité de personnes venant de ce secteur. Nous donnions aussi la priorité aux personnes qui n'avaient pas terminé le secondaire.

Nous visions donc les adultes qui étaient soit en arrêt de travail, en chômage ou encore sans emploi depuis plusieurs années et qui manifestaient le désir de se «remettre en marche». Le sexe et le domaine d'emploi ne faisaient pas partie de nos critères d'admissibilité.

1.4 Résultats attendus

Notre objectif était d'entrer en communication (de près ou de loin) avec 1500 personnes, à qui nous donnerions des informations et/ou de la référence. De ce nombre, nous souhaitions recevoir 200 personnes en entrevue afin de faire leur biographie éducative. Notre objectif était qu'à la fin du projet, 60 personnes (sur les 200 vues en entrevue) se soient inscrites en formation ou soit en démarche pour le faire. Deux phases avaient été prévues. En gros, la première incluait la recherche nécessaire afin d'être en mesure de bien référer les adultes, l'élaboration d'un plan de communication du projet et la création d'outils. Dans cette première phase avait aussi été prévue la promotion du projet dans les écoles primaires choisies, les entrevues avec les adultes rejoints, la référence selon les besoins, le soutien et le suivi des participants et le bilan de cette première étape. Dans la seconde phase se trouvait la promotion du projet dans un HLM, les entrevues avec les adultes rejoints, la référence selon les besoins, le soutien et le suivi des participants et le bilan final.

Nous avons reçu le soutien financier pour la phase 1 uniquement et le projet s'est étalé sur six mois. Les résultats attendus ont été diminués afin de s'ajuster à la réalité. Nous espérions rejoindre 750 personnes, effectuer 100 entrevues et aider 30 personnes à se «mettre en marche».

1.5 Déroulement des travaux

Dans un premier temps, les principales étapes du travail ont été définies et un échéancier de réalisation a été fixé. Le projet s'est divisé en quatre étapes: la recherche et la création d'outils, le recrutement de participants, les entrevues et le bilan.

Étape 1: La recherche et la création d'outils

Le calendrier prévoyait d'abord une étape de recherche et de création d'outils. En effet, en plus de rechercher des ressources à proposer aux participants, il nous fallait créer une grille nous permettant de mieux comprendre leur cheminement scolaire, professionnel et personnel. Pour ce faire, nous nous sommes inspirées de la Grille auto-biographique (Annexe 13) proposée dans le cadre du cours d'intégration, EDU 1015, de l'université du Québec à Montréal et du Questionnaire de dépistage de Troubles d'apprentissage /Association Canadienne (Annexe 13). Plusieurs autres outils devaient aussi être créés dans le but de faire la promotion ou la mise en œuvre du projet. La base de données des références psychosociales ou concernant la formation du Créca a également été bonifiée. Voici la liste des outils qui ont été créés. Ces documents se retrouvent en annexe.

  • une affiche (annexe no 1)
  • un dépliant explicatif à remettre aux gens intéressés (annexe no 2)
  • un dépliant format postal à déposer dans les boîtes aux lettres (annexe no 3)
  • une lettre ayant pour but de demander l'appui des organismes du quartier (annexe no 4)
  • des communiqués de presse afin de rendre le projet le plus visible possible (annexe no 5)
  • un tableau de compilation des personnes et organismes rejoints (annexe no 6)
  • un tableau de recrutement de participants au projet Biographie Éducative du Créca dans les Centres Locaux d'Emploi (CLE) (annexe no 7)
  • un tableau de présentation du projet Biographie Éducative Créca dans les SAE (annexe no 8)
  • un formulaire de consentement et un formulaire d'entrevue appelé «bilan de compétences» (annexe no 9)
  • une fiche de rappel des participants (annexe no 10)
  • des suggestions de questions à poser aux participants (annexe no 11)

Étape 2: Le recrutement de participants

Une fois les outils créés, la seconde étape du projet consistait à recruter des participants. Le volet «recrutement» se divise en trois parties. D'abord, les efforts que nous avons mis en œuvre afin de publiciser le projet auprès des organismes partenaires et auprès des résidents de HLM et de tours d'appartements. Ensuite, les présentations aux gens participants au SAE.

Nous avons diversifié les façons de joindre les participants. Le «tableau de compilation des personnes et organismes rejoints» (annexe no 6) montre les démarches entreprises. La plupart des organismes rejoints ont accepté de faire la promotion du projet dans leur milieu de travail. Quant aux organismes qui ne se montraient pas intéressés, deux raisons expliquent leur refus de nous référer des participants: soit ils avaient une clientèle particulière (personnes âgées, personnes atteintes d'une déficience intellectuelle ou de personnes surqualifiées), soit leur objectif premier était l'employabilité. Dans ce dernier cas, ils jugeaient inadéquats de référer des gens à un projet ayant comme objectif un éventuel retour en formation. En plus de nous rendre dans plusieurs organismes communautaires, nous sommes également allés dans les centres locaux d'emploi (CLE) du quartier Ahuntsic à quelques reprises. Le document «Recrutement de participants au projet Biographie Éducative du Créca dans les Centres Locaux d'Emploi (CLE)» (annexe no 7) fait état des résultats de ces visites. Il permet de constater qu'il s'agit d'une expérience que nous n'avons pas renouvelée souvent en raison du nombre peu élevé de rendez-vous que nous avons récoltés à ces endroits. Nous avons cessé de nous rendre dans les CLE au début du mois d'avril.

Bien que la majorité des organismes approchés était intéressée par le projet, la plupart de nos participants ont été recrutés lors des sessions de SAE qui avaient lieu au Créca. Le tableau «Présentation du projet Biographie Éducative Créca dans les SAE» présenté en annexe no 8 montre les dates des présentations, le nombre de personnes présentes lors de ces sessions ainsi que le nombre de rendez-vous pour Biographie éducative récoltés. Ainsi, lors des SAE en français, l'une ou l'autre des deux intervenantes (ou les deux) se rendait à la séance pour y faire une courte présentation du projet et remettre des dépliants aux gens présents.

Étape 3: Les entrevues

Les entrevues ont débuté dès février et se sont poursuivies jusqu'à la mi-mai. Les deux intervenantes se partageaient les entrevues à effectuer. Nous avons voulu rendre les entrevues le plus standard possible et c'est pourquoi nous nous sommes entendues préalablement sur une marche à suivre lors des entrevues.

Dans un premier temps, un formulaire de consentement, joint au bilan de compétences, était présenté au participant. Ce formulaire mentionnait entre autre que la participation au projet était confidentielle et gratuite. Il constituait avant tout un élément de prise de décision éclairée donnant une idée générale du projet. Des informations orales lui étaient également données à ce moment sur le déroulement de l'entrevue. Si le participant était d'accord avec ce qui était mentionné, il signait le formulaire. La personne qui effectuait l'entrevue devait également signer pour montrer qu'elle s'engageait à respecter les clauses mentionnées dans le formulaire de consentement. Toutes les personnes que nous avons vues ont accepté de signer.

La seconde partie de l'entrevue était la biographie éducative en tant que telle. Le document «bilan de compétences» (annexe no 9) donne une bonne idée des sujets abordés. Nous avions également créé un document avec des suggestions de questions à poser aux participants. Ce document servait surtout d'aide- mémoire. Il va de soi que chaque entrevue prenait une tournure différente dépendamment du vécu de la personne. D'emblée, nous nous étions entendues sur le fait de laisser parler la personne plutôt que de la ramener à un cadre standardisé. Nous avions aussi décidé, avant d'effectuer les entrevues, d'accorder une grande importance à toutes les expériences plus informelles. À nos yeux, celles-ci reflètent souvent des compétences que les gens détiennent et qui sont peu exploitées dans la vie de tous les jours. Ainsi, plutôt que de nous en tenir aux expériences formelles, (telles que celles que l'on retrouve dans un curriculum vitae) nous souhaitions mettre l'accent sur l'informel, qui est plus pertinent pour la clientèle peu scolarisée. Concrètement, pendant que la personne parlait, l'intervenante qui effectuait l'entrevue prenait des notes sur le document bilan de compétences. C'est ce document que nous gardions à la fin de l'entrevue.

Enfin, les dernières minutes de l'entrevue servaient à référer la personne aux endroits appropriés en prenant soin de lui expliquer les ressources et la manière de procéder. L'intervenante prenait ensuite quelques minutes pour retranscrire les parties importantes dans le bilan de compétences qui serait remis au participant et pour prendre les commentaires de celui-ci sur le déroulement de l'entrevue. Un calendrier de réalisation et une date de rappel étaient ensuite convenus avec le participant afin de faire le suivi. Les participants pouvaient rappeler l'intervenante à tout moment lorsqu'ils avaient effectué des démarches. Si, à la date convenue, nous n'avions pas eu de nouvelles du participant, nous le contactions afin de voir où il en était dans ses démarches.

Étape 4: Le bilan

Une fois toutes les entrevues effectuées, nous étions en mesure d'entreprendre la compilation des résultats et l'analyse croisée des données. La rédaction du rapport s'est également faite à cette étape4.

II- Résultats

2. Profil des participants

La majorité des participants (41%) a été recrutée par le Créca. Il s'agissait de gens qui, pour une raison ou une autre, sont entrés en contact avec l'organisme et à qui le service de Biographie éducative a été proposé. Beaucoup de participants (37%) ont été recrutés lors des SAE ayant lieu au Créca. Au total, c'est donc 77% des participants qui ont eu connaissance du projet par le biais du Créca. Comme le montre le graphique 2.1, 12 participants, c'est-à-dire 17%, nous ont été référés par des partenaires. Ce pourcentage est considérable compte tenu que le service était ponctuel et que nous avions relativement peu de temps pour faire la promotion du projet. Malgré tout, durant cette courte période, nos partenaires (voir lexique) étaient à l'affût de gens susceptibles de participer au projet.

Graphique 2.1
Répartition des participants selon le lieu de recrutement

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 2.1 - Répartition des participants selon le lieu de recrutement

Sur les 71 participants rencontrés, 48 sont immigrants (graphique 2.2). Il y a presque autant de femmes que d'hommes (34 femmes contre 37 hommes) (graphique 2.3). La plupart des participants (85%) proviennent du Nord de Montréal (graphique 2.4). Leurs sources de revenu sont plutôt diversifiées. La majorité (44%) reçoit des prestations d'assurance-chômage. Ce pourcentage significatif s'explique par le nombre élevé de participants recrutés au SAE. Plusieurs participants (27%) sont bénéficiaires de l'aide sociale (graphique 2.5). Les autres sont soit salariés ou sans revenus. Il est à noter que dans 10% des cas, la source de revenu des participants est inconnue. La question du revenu n'a pas été abordée afin de ne pas briser le lien de confiance avec certains participants. Enfin, le graphique 2.6 permet de constater que 57% des participants ont entre 29 et 48 ans.

Graphique 2.2
Répartition d'immigrants parmi les participants

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 2.2 - Répartition d'immigrants parmi les participants

Graphique 2.3
Répartition des participants selon le sexe

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 2.3 - Répartition des participants selon le sexe

Graphique 2.4
Répartition des participants par secteur

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 2.4 - Répartition des participants par secteur

Graphique 2.5
Répartition des participants selon leur source de revenu

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 2.5 - Répartition des participants selon leur source de revenu

Graphique 2.6
Répartition des participants par tranche d'âge

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 2.6 - Répartition des participants par tranche d'âge

La grande majorité des participants, c'est-à-dire 49%, n'ont pas de diplôme (graphique 2.7). Comme il a été mentionné précédemment, lorsque nous faisions la promotion du projet Biographie éducative, nous précisions toujours que le service s'adressait à tous les adultes, mais que la priorité était donnée aux gens n'ayant pas terminé le secondaire. Il n'est donc pas étonnant de constater que c'est la catégorie «aucun diplôme» qui regroupe le plus de participants. Soulignons que parmi les participants sans diplôme se trouvent pratiquement autant d'hommes que de femmes (18 hommes et 17 femmes). Un seul participant a un DEP et le nombre de participants avec un diplôme d'études collégiales et universitaires s'élève respectivement à 13% et 15%. Le service a donc été utile majoritairement à des personnes peu scolarisées.

Graphique 2.7
Répartition des participants selon les diplômes obtenus

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 2.7 - Répartition des participants selon les diplômes obtenus

Le graphique 2.8 fait état des besoins en formation (77%). De ce nombre, 65% ont des besoins en formation de base (graphique 2.9). La majorité des participants ont donc besoin d'acquérir une formation.

Graphique 2.8
Répartition des participants selon le besoin de formation

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 2.8 - Répartition des participants selon le besoin de formation

Graphique 2.9
Répartition des participants selon les besoins en formation de base

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 2.9 - Répartition des participants selon les besoins en formation de base

En bref
La majorité des participants sont des immigrants habitant le secteur nord de Montréal et âgés entre 29 et 48 ans. La plupart d'entre eux sont chômeurs et n'ont pas de diplôme.

3. Besoins en formation de base

La section «profil des participants» nous permet de constater que 52% des personnes rencontrées ont des besoins en formation de base. Parmi elles, 89% sont des immigrants (graphique 3.1). Le graphique 3.2 montre qu'il y a autant d'hommes que de femmes (50% d'hommes et 50% de femmes) et les graphiques 3.3, 3.4, 3.5 et 3.6 font état des besoins en formation de base selon les âges. Le graphique 3.7 démontre que la majorité des participants âgés entre 39 et 48 ans qui ont des besoins en formation de base sont sans emploi. En effet, entre 75% et 83% d'entre eux ne sont pas sur le marché du travail (le pourcentage est incertain puisque la source de revenu de certains participants demeure inconnue).

Graphique 3.1
Répartition des immigrants ayant des besoins en formation de base

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 3.1 - Répartition des immigrants ayant des besoins en formation de base

Graphique 3.2
Répartition des participants ayant des besoins en formation de base selon le sexe

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 3.2 - Répartition des participants ayant des besoins en formation de base selon le sexe

Graphique 3.3
Répartition des participants ayant des besoins en formation de base par tranche d'âge

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 3.3 - Répartition des participants ayant des besoins en formation de base par tranche d'âge

Graphique 3.4
Répartition des participants âgés entre 19 et 28 ans selon leur besoin en formation de base

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 3.4 - Répartition des participants âgés entre 19 et 28 ans selon leur besoin en formation de base

Graphique 3.5
Répartition des participants âgés entre 19 et 28 ans ayant des besoins en formation de base selon leur source de revenu

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 3.5 - Répartition des participants âgés entre 19 et 28 ans ayant des besoins en formation de base selon leur source de revenu

Graphique 3.6
Répartition des participants âgés entre 39 et 48 ans selon leur besoin en formation de base

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 3.6 - Répartition des participants âgés entre 39 et 48 ans selon leur besoin en formation de base

Graphique 3.7
Répartition des participants âgés entre 39 et 48 ans ayant des besoins en formation de base selon leur source de revenu

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 3.7 - Répartition des participants âgés entre 39 et 48 ans ayant des besoins en formation de base selon leur source de revenu

Graphique 3.8
Répartition des participants ayant des besoins en formation de base selon les diplômes obtenus

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 3.8 - Répartition des participants ayant des besoins en formation de base selon les diplômes obtenus

Parmi les participants ayant besoin de formation de base, 89% n'ont aucun diplôme (graphique 3.8). Seulement cinq participants font exception. Deux participants, dont l'un provient du Venezuela et l'autre de l'Angola, détiennent un DES n'étant pas reconnu au Québec. C'est ce qui explique leurs besoins en formation de base. Un troisième participant, un Québécois d'origine, a complété une technique, mais a néanmoins besoin de formation de base. Dans son cas, c'est le domaine d'étude qui explique qu'il ait besoin d'acquérir une formation de base: sa technique porte sur les technologies et la gestion des matières textiles. Or les emplois dans ce domaine se font de plus en plus rares au Québec et ceux qui demeurent sont très précaires. Les deux autres ont complété une formation universitaire n'étant pas reconnue au Québec. L'un provient de la Chine et son domaine d'étude est l'électronique; l'autre est originaire du Tchad et a suivi une formation en sciences humaines, plus précisément en histoire et géographie. Dans le cas du participant originaire de la Chine, au-delà de la non reconnaissance des diplômes, ce sont aussi ses connaissances en graphie latine qui sont à développer.

Graphique 3.9
Répartition des participants suspectés d'avoir des troubles d'apprentissage parmi les participants ayant des besoins en formation de base

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 3.9 - Répartition des participants suspectés d'avoir des troubles d'apprentissage parmi les participants ayant des besoins en formation de base

Toujours parmi les 36 participants ayant des besoins en formation de base, seulement deux sont suspectés d'avoir des troubles d'apprentissage (voir «troubles d'apprentissage suspectés» dans le lexique) (graphique 3.9).

De manière générale, la majorité (36%) des participants considérés comme ayant besoin de formation de base sont prestataires de l'assistance-emploi (graphique 3.10). Une grande partie (28%) reçoit des prestations d'assurance-emploi.

Nos résultats tendent à démontrer que les participants qui ont une formation de base ont moins de mal à décrocher des emplois. Les participants qui n'ont pas terminé leur formation de base sont, quant à eux, moins présents sur le marché du travail. Cela montre à quel point la formation de base constitue un atout non négligeable.

Il apparaît que les 19-28 ans constituent le groupe le plus vulnérable puisque 67% d'entre eux ont des besoins en formation de base. Sur les 37 participants ayant des besoins en formation de base, 10 sont âgés entre 19 et 28 ans. Ces derniers sont tous sans diplôme et la moitié vit de prestations d'aide sociale. C'est donc dire que les jeunes qui n'ont pas de formation de base éprouvent de sérieuses difficultés à intégrer le marché du travail. À titre d'exemple, on retrouve plusieurs participants ayant occupé très peu d'emplois. De plus, ces emplois étaient généralement précaires.

Graphique 3.10
Répartition des participants ayant des besoins en formation de base selon la source de revenu

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 3.10 - Répartition des participants ayant des besoins en formation de base selon la source de revenu

La situation ne s'améliore pas chez les 29-38 ans dans la mesure où la moitié d'entre eux ont des besoins en formation de base. La plupart d'entre eux ne détiennent pas de diplôme et sont sans emploi.

Chez les 39-48 ans, la situation s'aggrave par rapport à la tranche d'âge précédente: le niveau de scolarité est toujours aussi bas (8 personnes sur 10 n'ont pas de diplôme) et les sources de revenu sont principalement le chômage et l'aide sociale. Une grande majorité (62%) continue d'avoir besoin de formation de base.

À la lumière de ces résultats, nous constatons que la précarité due au manque de formation de base persiste avec le temps. Que pour les participants, ayant 20, 30 ou 40 ans, s'ils sont sans formation de base, les chances de décrocher un emploi sont minces. Parmi notre échantillon, ce sont néanmoins les jeunes qui ont le plus besoin de formation de base.

Par ailleurs, tous âges confondus, nos résultats montrent que 67% des immigrants rencontrés ont besoin de formation de base. Il est ressorti lors des entrevues que le fait que l'éducation ne soit pas obligatoire dans les pays d'origine des participants favorisait le décrochage précoce.

En bref
52% des participants ont besoin de formation de base. Il s'agit autant d'hommes que de femmes et majoritairement d'immigrants. Puisque la majorité d'entre eux reçoivent des prestations d'assurance sociale, cela laisse supposer qu'ils ont du mal à décrocher des emplois. Les jeunes semblent constituer le groupe le plus vulnérable puisque 67% d'entre eux ont besoin de formation de base.

4. Références

Les références fournies dans le cadre du projet Biographie Éducative ont occupé une place fort importante. Pour beaucoup de participants, non seulement le fait de faire le bilan de leurs compétences leur permettait de prendre le recul nécessaire pour être en mesure de faire le point, mais ils découvraient souvent de nouvelles ressources. En effet, 65% de ces derniers ont découvert des ressources jusque-là inconnues pour eux pouvant répondre à leurs besoins.

Ce sont surtout les immigrants qui ont connu de nouvelles ressources grâce au projet: sur les 46 participants ayant découvert de nouvelles ressources, 59% sont immigrants (graphique 4.1). Néanmoins, il est à noter que 41% de ceux qui ont découvert de nouvelles ressources sont des Québécois d'origine, ce qui n'est pas négligeable. Ainsi, bien que ce soit majoritairement des immigrants qui ne connaissaient pas les ressources du milieu que nous suggérions, nous avons constaté que plusieurs personnes nées au Québec ne connaissaient pas les ressources disponibles dans leur environnement. Toujours parmi les personnes ayant connu de nouvelles ressources grâce au projet, il y a un peu plus d'hommes (56%) que de femmes (graphique 4.2) et il s'agit en majorité de personnes qui n'ont pas de diplôme (graphique 4.3).

Graphique 4.1
Répartition des immigrants ayant découvert de nouvelles ressources

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 4.1 - Répartition des immigrants ayant découvert de nouvelles ressources

Graphique 4.2
Répartition des participants ayant découvert de nouvelles ressources selon le sexe

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 4.2 - Répartition des participants ayant découvert de nouvelles ressources selon le sexe

Outre le CLE Ahuntsic-Bordeaux-Cartierville, la référence la plus populaire a été la Ligne Info Apprendre5. Beaucoup de participants ne connaissaient pas la ligne et étaient enthousiastes d'apprendre l'existence d'un tel service. Le CLE était plus connu, mais les participants connaissaient mal les services de celui-ci.

Graphique 4.3
Répartition des participants ayant découvert de nouvelles ressources selon les diplômes obtenus

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 4.3Répartition des participants ayant découvert de nouvelles ressources selon les diplômes obtenus

Par exemple, la ressource d'agent d'aide à l'emploi était souvent inconnue des principaux intéressés, et donc sous-utilisée. Si le CLE a été référé si souvent, c'est que tous les participants, ayant besoin d'acquérir une formation de base, y étaient référés. Sachant que la première étape pour eux était la rencontre d'un agent d'aide à l'emploi, nous les sensibilisions à l'importance d'acquérir une formation de base et nous les préparions à rencontrer l'agent. Généralement, s'ils n'avaient pas déjà entamé une réflexion dans ce sens, ils commençaient à penser plus sérieusement à un retour sur les bancs d'école au terme de la rencontre.

Parmi les références données aux participants, se trouvent également le Centre Champagnat, le Club de recherche d'emploi, le MICC, l'AQETA, le CLSC, la CDEC, le CJE et le Centre de référence du Grand Montréal. Le graphique 4.5 fait état de ces références. Il montre aussi que les «autres références» ont été très populaires (41%). Ces autres références se divisent en deux catégories: le soutien psychosocial et les renseignements concernant la formation et/ou l'employabilité. Les «autres références» regroupent les écoles (incluant le Créca), Filière Employabilité, le Centre bénévole de l'Est, le Centre bénévole de Montréal, Un Mondalire, le CLE Jarry, le CLSC Métro, le guichet emploi, le YWCA, l'Enjeu, les ressources disponibles en milieu universitaire, le Conseil du Trésor, Alpa, le SNAC, l'ACEF, le Centre Eureka, la ligne Info parents, les services d'un psychologue, l'ordre des architectes, Allocation-logement et les entreprises d'insertion (entre autres Petites mains, La Corbeille, AMRAC, la SORIF et Renaissance). Cette diversité de références montre bien le souci de donner des références qui soient personnalisées. Le cheminement de chaque participant étant unique, les références données devaient refléter cette réalité.

Graphique 4.5
Répartition des participants selon les références reçues

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 4.5 - Répartition des participants selon les références reçues

En bref
Les participants ont découvert à 65% de nouvelles ressources pouvant répondre à leurs besoins. Il s'agit surtout d'immigrants, mais les Québécois d'origine semblent également méconnaître les ressources disponibles. Il s'agit majoritairement de personnes sans diplôme. Ce sont autant des hommes que des femmes. La ligne Info Apprendre et le CLE Ahuntsic-Bordeaux-Cartierville ont été les ressources les plus populaires.

5. Commentaires des participants

Afin d'être en mesure de bien évaluer le service offert et d'ajuster au besoin, nous jugions important de récolter les commentaires des participants. Autre que le fait de découvrir de nouvelles ressources, les entrevues ont permis, entre autres, la prise de conscience des habiletés, l'effet thérapeutique, le coup de pouce de remise en route, une meilleure préparation pour rencontrer l'agent d'aide à l'emploi ou la confirmation de son orientation scolaire ou professionnelle. Le graphique 5.1 rend compte de ces commentaires6

Graphique 5.1
Répartition des participants selon leurs commentaires

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 5.1 - Répartition des participants selon leurs commentaires

Plusieurs participants étaient prêts à se «mettre en marche», mais ignoraient de quelle façon s'y prendre. Pour eux, le service était efficace dans la mesure où ils avaient besoin d'un coup de pouce de mise (ou de remise) en route. Le travail des intervenantes consistait plutôt dans ces cas-ci à motiver les personnes et à leur faire voir les aspects positifs d'un retour en formation ou sur le marché du travail. Une bonne partie des personnes était satisfaite d'avoir trouvé une oreille attentive et a surtout retenu l'effet thérapeutique du bilan de compétences. Habituées aux échanges formels, ces personnes ont souligné avoir apprécié pouvoir parler de toutes les expériences informelles qui font parti de leur vécu. Cet exercice leur permettait de faire le point.

Pour d'autres, le fait de raconter leurs expériences informelles les faisait prendre conscience de leurs habiletés. Dans certains cas, les participants avaient seulement besoin de se faire confirmer leur orientation scolaire ou professionnelle. Se raconter leur faisait voir qu'ils allaient dans la bonne direction. Enfin, certains ont souligné avoir apprécié le service puisqu'il leur permettait de mieux se préparer à rencontrer un agent d'aide à l'emploi. Les participants ont à quelques reprises manifesté de la déception en apprenant que le service était ponctuel. Confiants et satisfaits d'avoir entamé une réflexion, ils formulaient le souhait d'avoir un suivi avec l'intervenante rencontrée.

Malgré le fait que nous avisions que le service n'en était pas un d'orientation, certaines personnes auraient aimé être guidées davantage. Les besoins de certains autres étaient plutôt la recherche de «miracles», notamment en ce qui concerne la déqualification, problème qui guette beaucoup de nouveaux arrivants. En effet, certains, n'ayant pas réussi à se placer dans leur domaine d'étude, et ce, malgré une solide expérience acquise dans leur pays d'origine, s'attendaient à ce qu'on puisse trouver des solutions là où toutes les autres instances avaient failli. Évidemment, nous avons tout de même tenté de référer ces participants. Il est à noter qu'une seule personne a été déçue du service dans la mesure où la rencontre n'a rien apporté de nouveau. Sa réflexion et son cheminement étaient déjà bien avancés: son projet était clair et l'école était déjà trouvée. La personne venait surtout voir si on pouvait lui apporter quelque chose de plus et avait peu d'attentes.

En bref
La très grande majorité des participants (98%) sont satisfaits du service et auraient souhaité que le service soit permanent et qu'un suivi à plus long terme soit effectué. Le fait de se raconter les mettait en confiance puisqu'ils prenaient conscience de leurs habiletés et intérêts. 65% sont repartis satisfaits des ressources reçues, qu'ils les connaissent ou non.

6. Mise en marche

Des 71 participants rencontrés, 45 (63%) ont entrepris des démarches (graphique 6.1). Parmi eux 32 (71%) sont des immigrants (graphique 6.2).

Parmi les 45 personnes qui se sont mises en marche à la suite de leur participation au projet Biographie Éducative, 28 se sont inscrites en formation ou sont en démarche pour le faire (graphique 6.3). C'est donc à dire que 39% des gens rencontrés sont en formation ou en démarche vers une formation.

Graphique 6.1
Répartition des participants s'étant mis en marche

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 6.1 - Répartition des participants s'étant mis en marche

Graphique 6.2
Répartition des immigrants s'étant mis en marche

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 6.2 - Répartition des immigrants s'étant mis en marche

Dans la grande majorité des cas, les démarches ont été un succès. En effet, c'est 67% de cet échantillon qui a entrepris une formation ou a fait appel aux ressources proposées. (graphique 6.3) Tout comme l'ensemble des résultats, on ne note pas de différences significatives entre les hommes et les femmes (graphique 6.4).

Graphique 6.3
Répartition des participants ayant entrepris une formation parmi ceux s'étant mis en marche

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 6.3 - Répartition des participants ayant entrepris une formation parmi ceux s'étant mis en marche

Graphique 6.4
Répartition des participants pour qui les démarches ont été fructueuses

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 6.4 - Répartition des participants pour qui les démarches ont été fructueuses

La plupart des participants s'étant mis en marche (69%) sont des prestataires de l'assistance-emploi et l'assurance-emploi (graphique 6.5).

Graphique 6.5
Répartition des participants s'étant mis en marche selon le sexe

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 6.5 - Répartition des participants s'étant mis en marche selon le sexe

De ces résultats, il ressort que ce sont les personnes sans emploi, chômeurs ou assistés sociaux, pour qui le service a été le plus utile. Ces personnes avaient une réelle volonté de se mettre en marche, mais trop souvent, elles ignoraient de quelle façon s'y prendre. Toujours parmi les participants s'étant mis en marche, 53% sont sans diplôme. (graphique 6.6)

Cela démontre que le fait de n'avoir aucun diplôme rend la recherche d'emploi beaucoup plus difficile. Enfin, notons que ce sont les 29-38 ans qui en majorité ont entrepris le projet planifié (graphique 6.7).

Graphique 6.6
Répartition des participants s'étant mis en marche selon leur source de revenu

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 6.6 - Répartition des participants s'étant mis en marche selon leur source de revenu

Graphique 6.7
Répartition des participants s'étant mis en marche selon les diplômes obtenus

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 6.7 - Répartition des participants s'étant mis en marche selon les diplômes obtenus

Il n'y a pas de facteur prédominant qui explique les démarches infructueuses de certains participants. En effet, les raisons sont variées: soit l'agent n'a pas accepté la formation ou encore les candidats ont été refusés par les organismes auxquels ils avaient été référés.

Graphique 6.8
Répartition des participants s'étant mis en marche par tranche d'âge

[Voir l'image pleine grandeur] Graphique 6.8 - Répartition des participants s'étant mis en marche par tranche d'âge

Du côté de ceux qui n'ont pas entrepris les démarches, encore là, on ne note rien de significatif, sauf peut-être le fait qu'un tiers (3/10) d'entre eux se soit trouvé un nouvel emploi. Quelques autres n'ont pu effectuer le plan élaboré pour des raisons de santé et une autre personne était venue nous consulter seulement à titre préventif. Dans ce dernier cas, le participant n'aimait son emploi et souhaitait se réorienter. Il désirait faire son bilan de compétences afin d'être en mesure de prendre du recul par rapport à son vécu. Il voulait aussi mieux connaître les ressources disponibles, ressources qui lui seraient utiles lorsqu'il serait prêt à quitter son emploi.

En bref
La majorité des participants ont entrepris les démarches du plan d'action qu'ils avaient élaboré. La plupart d'entre eux sont âgés entre 29 et 38 ans, ils sont chômeurs, bénéficiaires de l'aide sociale et n'ont pas de diplôme.

III- Conclusion

7. Conclusion et recommandation

7.1 Conclusion

L'objectif du projet Biographie Éducative était de sensibiliser les adultes à l'importance de se former tout au long de sa vie. À cet effet, nous devions stimuler les adultes aux prises avec des carences éducatives à se diriger vers la formation de base. Pour ce faire, nous avons utilisé le bilan de compétences comme outil. Ce dernier permettait d'identifier les ressources personnelles informelles du participant et de faire ressortir ses forces.

D'emblée, nous pouvons affirmer avoir atteint nos objectifs puisque nous avons rejoint 2161 personnes au total dont 545 ont été abordées en personne.

Du projet initial, seule la phase 1 était financée. Notre objectif à la base était que 30% des participants (60 sur 200) se soient inscrits en formation ou soient en démarche pour le faire. Nous avons largement atteint cet objectif puisque 63% des participants (45 sur 71) se sont mis en marche. De ces 45 personnes, 28 ont entrepris une formation ou sont en démarche pour le faire. Au total, c'est donc 39% des gens rencontrés qui sont formation ou en démarche vers une formation. Ceci dit, les 17 autres, pour qui les démarches ne concernaient pas spécifiquement la formation, ont certainement été sensibilisés à l'importance de compléter leur formation de base. Plusieurs ont formulé le souhait de retourner en formation dans un avenir rapproché, mais elles ne sentaient pas prêtes à le faire maintenant. Les obstacles qui les empêchaient d'agir maintenant étaient souvent d'ordre financier ou familial. Nous leur proposions alors diverses alternatives, dépendamment de leur situation. Dans bien des cas, les aider à se préparer à rencontrer leur agent d'aide à l'emploi dans le but de retourner en formation leur donnait un bon coup de pouce. Quand nous constations que la personne avait bien réfléchi au type de formation qu'elle souhaitait entreprendre et quand nous jugions son plan réaliste, notre but était de mettre toutes les chances de son côté afin que la formation souhaitée soit acceptée par l'agent. D'autres fois, c'était des raisons de santé qui justifiaient leur refus. Il est aussi arrivé que les participants décrochent un emploi et décident de remettre à plus tard leur projet de formation. Quels que soient les obstacles qui empêchaient de se mettre en marche dès maintenant, ces participants ont tous pris conscience de l'importance à long terme de compléter une formation. Ainsi, plus de la moitié des personnes que nous avons rencontrées en entrevue sont maintenant en processus pour améliorer leur situation. 62% (28 sur 45) d'entre elles étaient prêtes à retourner en formation dès maintenant et ont entrepris des démarches dans ce sens.

Par ailleurs, il n'est pas anodin qu'en ce qui a trait à la mise en marche, le taux de succès soit de 63%. Ce résultat signifie que la plupart des personnes qui venaient nous voir en entrevue avaient, d'une certaine façon, déjà fait un bout de chemin. La plupart d'entre elles connaissaient mal les ressources disponibles dans leur environnement et leur présence au projet Biographie éducative montre qu'elles souhaitaient mieux comprendre ce qui leur était proposé comme options. En somme, un tel résultat montre clairement que l'idéal est de rejoindre le plus de personnes possible puisque le taux de succès est très élevé. Il va de soi que les résultats ne peuvent se voir qu'à long terme, mais l'important est, à notre avis, que toutes ces personnes soient maintenant «en marche» et outillées quant à la manière de procéder. Certaines sont déjà inscrites en formation. Quant aux autres, lorsqu'elles seront prêtes à entreprendre une formation et que les bonnes conditions seront réunies, les ressources disponibles seront à leur portée.

Suite aux entrevues menées, il nous apparaît évident que sans formation de base, la situation professionnelle des gens ne s'améliore pas avec le temps. Nous avons aussi réalisé, en analysant les commentaires des participants, que les principaux intéressés sont souvent ceux qui sont le moins bien informés sur les services leur étant dédié. Rappelons que 65% des participants mentionnaient avoir découvert de nouvelles ressources. Cette situation peut être compréhensible pour les nouveaux arrivants, mais elle alarmante lorsqu'elle touche les Québécois de souche. À la lumière de ces données, nous croyons que l'information qui est transmise à la population sous-scolarisée devrait être mieux vulgarisée et rencontrer les règles édictées du langage clair (annexe 12). Il serait peut-être bon de revoir aussi le moyen utilisé pour transmettre l'information destinée aux peu scolarisés.

En plus de permettre aux participants de mieux connaître les ressources de leur milieu, le projet a eu un effet motivateur sur ces derniers. En effet, à chaque rencontre les intervieweurs avaient comme mandat de motiver les participants à se «mettre en marche». Ainsi, nous ciblions avec le candidat le bon chemin à suivre et nous apportions des solutions à leur projet de formation ou de recherche d'emploi. Par exemple, si un candidat, qui avait à peine terminé le primaire, se présentait à nous et avait un plan de carrière irréaliste ou beaucoup trop long, nous lui proposions des alternatives plus à sa portée. Le point le plus apprécié du volet «motivation» a été sans aucun doute la préparation à rencontrer l'agent d'aide à l'emploi du CLE. Les participants qui avaient besoin de faire approuver le projet, ont dans une grande majorité été très réceptifs à cette aide. D'ailleurs, plus d'un prenait des notes sur les conseils donnés. Il est aisé de comprendre que pour beaucoup, il est difficile d'articuler ses besoins, notamment quand ils ne sont pas tout à fait clairs pour le principal intéressé.

Nous avons rapidement constaté à quel point il était difficile pour certains participants de parler de leurs forces. Nous croyons que deux facteurs en sont responsables. Premièrement, nous avons pu nous apercevoir que le fait de ne pas avoir complété ses études de base mine l'estime de soi. Ensuite, le fait que certaines cultures favorisent l'humilité plutôt que la fierté a sans doute à voir avec cette difficulté à parler de ses talents et compétences. Nous avons entrepris, pour contrer cette lacune, de mettre les participants en contexte d'entrevue professionnelle. Nous leur demandions par exemple comment ils répondraient à la question «pourquoi vous embaucherais-je plutôt qu'un(e) autre candidat(e)?» Dans certains cas, cette technique s'avérait bénéfique, mais il arrivait que des participants plus «fraternalistes» ne se prêtent pas au jeu, soulignant que dans une telle situation ils choisiraient de laisser l'opportunité d'emploi à un pair. L'autre méthode utilisée pour faire ressortir les forces a été la déduction. En effet, d'après les expériences professionnelles et personnelles rapportées par les participants, nous pouvions déduire des aptitudes et questionner davantage.

Il est intéressant d'attirer l'attention sur le fait qu'une seule personne rencontrée détenait un DEP. Ce fait peut nous laisser croire que les personnes qui ont une formation professionnelle sont bien outillées et bénéficient sans doute d'une meilleure stabilité d'emploi.

En ce qui a trait aux troubles d'apprentissage, il nous apparaît clair que nos données ne reflètent pas les statistiques actuelles. Nous sommes d'avis que les participants de notre échantillon ayant des troubles d'apprentissage sont sans doute plus nombreux que ceux suspectés. Il est tout de même encourageant de constater que nous avons réussi à en dénoter un certain nombre et ce malgré le fait que l'accent n'était pas mis sur la recherche de ces troubles. Ainsi, si nous avions davantage poussé l'analyse dans ce sens, surtout pour les participants ayant des besoins en formation de base, il nous apparaît clair que nous aurions découvert plus de cas. Nous croyons que si un tel projet avait la chance d'être récurrent, une formation plus poussée des intervenant(e)s serait nécessaire et souhaitée.

7.2 Recommandation: reconduction du projet

Nos résultats tendent à démontrer qu'un service tel la Biographie Éducative est utile aux personnes peu scolarisées. D'emblée, nous recommandons l'implantation permanente d'un tel projet.

D'une part, nous croyons avoir atteint des résultats encourageants et ce, malgré la durée plutôt limitée du projet. En effet, la période assignée devait servir à la création des outils, à la promotion du service, à la formation des intervenants sur le terrain, ainsi qu'à l'administration du questionnaire (entrevue). Les outils étant déjà créés et les liens avec les partenaires établis, il est évident que la reconduction du projet ne pourrait qu'être un atout majeur pour les gens ne possédant pas de formation de base.

D'autre part, une brève recherche parmi les ressources disponibles dans le nord de Montréal nous a permis de constater qu'il n'y a pas de service équivalent à celui de Biographie Éducative. Un seul service se rapproche de ce dernier: celui de bilan de compétences offert au Centre Eureka. À cet endroit, le service de bilan de compétences s'étale sur 5 rencontres au minimum. Il faut être âgé de 40 ans et plus et avoir une bonne expérience du marché du travail pour être admis. Puisque les participants détiennent des diplômes et plusieurs expériences de travail, l'accent n'est pas mis sur les aspects informels lors des entrevues. Bref, il est clair que le service offert par le Centre Eureka diffère de celui de Biographie Éducative.

De plus, avec le Carrefour Jeunesse Emploi, nous avons évalué que si Biographie Éducative était un service récurrent, nous pourrions amarrer nos forces. Étant donné que le bilan de compétences est un service assez léger, le CJE serait enclin à nous référer des candidats peu scolarisés afin de faire un premier déblayage avec eux. En effet, rares sont les organismes du nord de Montréal qui ont une expertise avec une clientèle peu scolarisée. Le Créca, fort de son expérience auprès de cette clientèle, serait tout indiqué pour reconduire le projet.

Enfin, puisqu'il ne fait pas de doute qu'il existe une corrélation entre formation de base et employabilité, il est clair pour nous qu'il est nécessaire de continuer de mettre sur pied des projets ayant pour but de rejoindre la clientèle sous scolarisée. Même si plusieurs possibilités s'offrent à cette clientèle, ce sont souvent les manières d'entrer en contact avec ces ressources qui font défaut et qui isolent la population sous scolarisée. Si le projet Biographie Éducative a donné des résultats si encourageants c'est, d'une part, qu'il constitue un moyen efficace de se réapproprier son vécu et d'autre part, qu'il permet d'avoir accès à des ressources personnalisées. Bref, le projet Biographie Éducative constitue une ressource originale, efficace et accessible.

Bibliographie

Association québécoise des troubles d'apprentissage. Mars 2002. «Définition nationale des troubles d'apprentissage». In Informations générales sur les troubles d'apprentissage. En ligne <http://www.aqeta.qc.ca/francais/generale/definit.htm>. Consulté le 15 mai 2006.

Gouvernement du Canada. 2 mai 2006. «Liens sur l'utilisation d'un langage clair et simple.» In Le langage clair. En ligne <http://daniel.waldschmidt.free.fr/e3.htm>. Consulté le 14 juin 2006.

Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. 2 mai 2002. «Plan d'action en matière d'éducation des adultes et de formation continue». In Éducation des adultes et formation continue Apprendre tout au long de sa vie. En ligne <http://www.mels.gouv.qc.ca/REFORME/formation_con/Plan/Plan.pdf>. Consulté le 2 juin 2006.

Troubles d'apprentissage - Association Canadienne. S.D., «Dépister pour le succès». Manuel de formation. S.L., 385 p.

Lexique

Formation de base
En se référant à la définition proposée dans le Plan d'Action des adultes et de formation continue, il s'agit «des apprentissages sanctionnés d'une part par le diplôme d'étude secondaire (DES) et d'autre part par le diplôme d'études professionnelles (DEP). [...] Cette formation de base comprend d'abord un premier ensemble de compétences générales et communes nécessitant généralement neuf années d'études et se situant, tout en la dépassant toutefois, dans une perspective «d'alphabétisation». S'ajoute ensuite une formation générale et diversifiée équivalente à deux années d'études additionnelles. La formation de base comprend par ailleurs une première qualification professionnelle permettant de s'insérer dans le marché du travail, cette qualification pouvant être obtenue soit en continuité avec le diplôme d'études secondaires, soit en même temps, en alternance avec un emploi ou par l'apprentissage en milieu de travail»7.

Mise en marche
Démarches entreprises dans le but d'apporter un changement à sa situation, que se soit une formation, un emploi, une activité de bénévolat, etc.

Partenaires
Organismes qui ont pris connaissance du projet Biographie éducative et en ont fait la promotion dans leur milieu de travail. Le terme «partenaire» ne réfère donc pas uniquement aux organismes ayant référé des gens au projet.

Participants
Personnes rencontrées en entrevue lors du projet Biographie Éducative.

Troubles d'apprentissage
Selon l'Association québécoise des troubles d'apprentissage (AQETA), l'expression «troubles d'apprentissage» fait référence à un certain nombre de dysfonctionnements pouvant affecter l'acquisition, l'organisation, la rétention, la compréhension ou le traitement de l'information verbale ou non verbale. Ces dysfonctionnements affectent l'apprentissage chez des personnes qui, par ailleurs, font preuve des habiletés intellectuelles essentielles à la pensée ou au raisonnement. Ainsi, les troubles d'apprentissage sont distincts de la déficience intellectuelle.

Les troubles d'apprentissage découlent d'atteintes d'un ou de plusieurs processus touchant la perception, la pensée, la mémorisation ou l'apprentissage. Ces processus incluent entre autres le traitement phonologique, visuo-spatial, le langage, la vitesse de traitement de l'information, la mémoire ou l'attention, et les fonctions d'exécution telles que la planification et la prise de décision.

Les troubles d'apprentissage varient en degré de sévérité et affectent l'acquisition et l'utilisation:

  • du langage oral (aspects réceptif et expressif)
  • du langage écrit:
    - la lecture: l'identification des mots (décodage et reconnaissance instantanée) et la compréhension
    - l'écriture: l'orthographe et la production écrite
  • des mathématiques: le calcul, le raisonnement logique et la résolution de problèmes.

Les troubles d'apprentissage peuvent aussi impliquer des déficits sur le plan organisationnel, social, de même qu'une difficulté à envisager le point de vue d'autrui.

Les troubles d'apprentissage durent la vie entière. Toutefois, leurs manifestations varient tout au long de la vie, et sont tributaires de l'interaction entre les exigences du milieu, les forces et les besoins de l'individu.

Un rendement scolaire en deçà de celui anticipé, au même titre qu'un rendement obtenu au prix d'efforts et de soutien dépassant largement ceux normalement requis, sont des indices de troubles d'apprentissage»8.

Troubles d'apprentissage suspectés
De par ses questions, l'intervieweur a conclu subjectivement à des troubles d'apprentissage. Ses doutes sont basés sur le fait que les personnes se retrouvant dans cette catégorie ont eu des cheminements scolaires difficiles. Les participants rapportaient, entre autres, avoir repris plusieurs années scolaires et ce, dès le primaire. De plus, chaque cas dénoté avait abandonné l'école dès le début du secondaire. Il y avait des tentatives de raccrochage plus ou moins bien réussies. Les personnes ciblées ont aussi rapporté avoir fréquenté plusieurs établissements scolaires.

Aussi, certains rapportaient des problèmes de concentration et plusieurs avaient vécu des problèmes relationnels avec les pairs. Les récits de ces derniers pouvaient même révéler que dans certains cas les participants avaient été des «faiseurs de trouble».

Annexes

1- Affiche publicitaire

[Voir l'image pleine grandeur] Affiche publicitaire.

2- Dépliant explicatif

[Voir l'image pleine grandeur] Dépliant explicatif (Recto).

[Voir l'image pleine grandeur] Dépliant explicatif (Verso).

3- Dépliant format postal

[Voir l'image pleine grandeur] Dépliant format postal.

4- Lettre aux partenaires

[Voir l'image pleine grandeur] Lettre aux partenaires.

5- Communiqués de presse

[Voir l'image pleine grandeur] Communiqués de presse (1 de 2).

[Voir l'image pleine grandeur] Communiqués de presse (2 de 2).

6- Tableau de compilation des personnes et organismes rejoints

Tableau de compilation des personnes et organismes rejoints Biographie Éducative du Créca

Organismes

• Nombre d'organismes rejoints:

36

Personnes

• Nombre de personnes abordées:

Nombre de personnes abordées par le biais de dépliants remis:

374

Nombre de personnes abordées en personne:

545

Dépliants

• Nombre de dépliants laissés dans les organismes ou dans les boites aux lettres:

2161

Entrevues

• Nombre d'entrevues effectuées:

71

• Nombre de personnes sans diplômes:

35

• Nombre de personnes qui ont besoin de formation de base:

36

• Nombre de personnes qui ont entrepris des démarches:

45

• Nombre de personnes qui ont entrepris une formation ou qui sont en démarche pour s'inscrire:

28

7- Tableau de recrutement de participants aux CLE

Recrutement de participants au projet Biographie Éducative du Créca
dans les Centres Locaux d'Emploi (CLE)

Date CLE Personnes abordées Dépliants Biographie Éducative remis Rendez-vous pris sur place Dépliants du Créca remis Autres références

06-02-06

Ahuntsic-Bordeaux-Cartierville

16

9

0

1

-LIA: 2 fois
-CRGM: 1 fois

13-02-06

Ahuntsic-Bordeaux-Cartierville

17

10

1

3

-LIA: 3 fois -MR: 2 fois
-CRE: 1 fois
-CJE: 1 fois

15-02-06

Fleury

11

13

1

4

-LIA: 1 fois
-MR: 1 fois
-CRE: 1 fois

20-02-06

Fleury

9

5

0

0

0

02-03-06

Fleury

13

7

3

1

-LIA: 2 fois
-CDEC: 1 fois

03-04-06

Fleury

6

5

0

0

-LIA: 1 fois

Total

72

49

5

9

Légende:
LIA: Ligne Info-Apprendre
CRGM: Centre de Référence du Grand Montréal
MR: Un Mondalire, projet Rattrape
CRE: Club de Recherche d'Emploi Centre-Nord
CJE: Carrefour Jeunesse-Emploi Ahuntsic Bordeaux-Cartierville
CDEC: Corporation de développement économique et communautaire

8- Tableau de présentation du projet dans les SAE

Présentation du projet Biographie Éducative Créca dans les SAE

Date de la présentation Endroit de la présentation Nombre de personnes rejointes Nombre de rendez-vous Façon dont les rendez-vous ont été sollicités

Sur place

Par téléphone

13-12-05

Créca

14

2

1

1

16-12-05

Créca

13

2

2

0

18-01-06

Créca

10

0

0

0

20-01-06

Créca

11

0

0

0

24-01-06

Créca

5

1

1

0

27-01-06

Créca

8

0

0

0

31-01-06

Créca

9

0

0

0

01-02-06

Créca

8

1

0

1

07-02-06

Créca

7

2

2

0

07-02-06

Créca

6

0

0

0

14-02-06

Créca

9

0

0

0

21-02-06

Créca

8

0

0

0

24-02-06

Créca

7

0

0

0

28-02-06

Créca

10

3

3

0

03-03-06

Créca

4

0

0

0

14-03-06

Créca

7

0

0

0

15-03-06

Créca

9

1

1

0

21-03-06

Créca

11

1

1

0

22-03-06

Créca

11

0

0

0

29-03-06

Créca

12

5

5

0

31-03-06

Créca

13

3

3

0

04-04-06

Créca

8

1

1

0

05-04-06

Créca

1

1

1

0

07-04-06

Créca

9

0

0

0

11-04-06

Créca

5

0

0

0

18-04-06

Créca

12

1

1

0

19-04-06

Créca

10

1

1

0

25-04-06

Créca

8

0

0

0

26-04-06

Créca

11

0

0

0

27-04-06

Créca

9

0

0

0

02-05-06

Créca

9

3

3

0

05-05-06

Créca

10

1

1

0

16-05-06

Créca

12

2

2

0

17-05-06

Créca

8

1

1

0

TOTAL

304

32

30

2

Légende:
SAE = Service d'aide à l'emploi

9- Formulaire de consentement et «bilan de compétences»

[Voir l'image pleine grandeur] Formulaire de consentement et «bilan de compétences».

Bilan de compétences

[Voir l'image pleine grandeur] Bilan de compétences (1 de 3).

[Voir l'image pleine grandeur] Bilan de compétences (2 de 3).

[Voir l'image pleine grandeur] Bilan de compétences (3 de 3).

10- Fiche de rappel des participants

[Voir l'image pleine grandeur] Fiche de rappel des participants.

11- Suggestions de questions à poser aux participants

Expériences scolaires (enfance et adolescence)

  • Changements d'écoles (déménagements ou autres raisons)? Combien d'écoles?
  • Travail durant vos études primaires, secondaires et autres? De jour? De soir? -Absences à l'école?
  • Motivé? Aimiez-vous l'école? Qu'est-ce qui vous plaisait à l'école? Qu'est-ce qui vous déplaisait?
  • Difficulté à vous faire des amis?
  • Viviez-vous avec votre famille? Famille nombreuse?

Difficultés:

  • Difficultés particulières? (ex: écoute, expression orale, lecture, écriture, calcul, organisation, résolution de problèmes, mémoire, concentration, etc.)
  • Avez-vous déjà utilisé des appareils ou accessoires (ex: livres enregistrés sur banque magnétique, ordinateur vocal) pour vous aider à apprendre?
  • Avez-vous répété une année?
  • Étiez-vous suivi par un spécialiste?
  • Aviez-vous des problèmes de santé? Des problèmes de vision ou d'audition? Des problèmes physiques qui auraient pu nuire à votre apprentissage? Un accident grave?
  • Preniez-vous des médicaments?

Expériences scolaires (adulte)

  • Autres études après le secondaire (Professionnel, Cégep, Université)?
  • Quelles écoles? Quels types de cours?
  • Avez-vous aimé cette formation? Qu'est-ce que cela vous a appris?
  • Difficultés particulières lors de cette formation?
  • Était-ce une formation utile? Votre formation vous a-t-elle permis d'accéder au marché du travail?
  • Avez-vous terminé votre formation?
  • Travaillez-vous pendant votre formation?

Expériences de travail et de bénévolat

Travail:

  • Quels emplois avez-vous occupés? Pendant combien de temps?
  • Avez-vous quitté ces emplois de votre plein gré? Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à partir?
  • Fonctions? Qu'est-ce qui vous plaisait dans cet emploi? Qu'est-ce qui vous déplaisait?
  • Qu'avez-vous appris en occupant ces emplois? Avez-vous développé de nouvelles compétences ou habiletés?
  • Impliqué dans vos emplois (ex: organisation d'événements)?
  • Défis à relever dans vos emplois? Étaient-ils stimulants?
  • Étiez-vous fier de ce que vous faisiez?
  • Votre travail était-il reconnu/apprécié?
  • Diriez-vous que vous étiez un bon employé?
  • Difficultés particulières lors de vos emplois?
  • Avez-vous déjà envisagé un retour aux études entre deux emplois?

Bénévolat:

  • Avez-vous déjà fait du bénévolat?
  • Dans quel domaine?
  • Pour quelles raisons?
  • Qu'est-ce que cela vous a apporté?
  • Avez-vous développé de nouvelles connaissances ou compétences en faisant du bénévolat?

Vie familiale et communautaire

  • Célibataire?
  • Enfants?
  • Avec qui vivez-vous?
  • Impliqué auprès des gens? dans votre quartier?
  • Venez-vous parfois en aide à des gens?

Formations diverses, expériences personnelles, etc.

  • Qu'aimez-vous faire de vos temps libres?
  • Activités que vous aimeriez faire et que vous ne faites pas? Qu'est-ce qui vous empêche de pratiquer ces activités?
  • Pratiquez-vous des sports? Sports d'équipe?
  • Participez-vous/ organisez-vous des activités?
  • Passe-temps?
  • Y a-t-il une chose que vous avez accomplie et dont vous êtes particulièrement fier?

12- Langage clair

Tout le monde ne lit pas couramment et la façon dont l'information est écrite ou présentée exclut bon nombre de personnes, particulièrement celles qui ont des problèmes de lecture ou de compréhension. Au lieu de s'enrichir par l'information, certains n'y ont même pas accès. Une barrière se forme entre les «riches en information» et les «pauvres en information». D'où l'impossibilité pour certains d'être des citoyens à part entière et de participer pleinement à la vie de leur société.

Un langage clair, qu'est-ce que c'est?

Le concept «langage clair» n'est pas universel. Il est donc impossible d'écrire un texte qui s'adapte aux capacités de tous ceux qui ont des problèmes de lecture et de compréhension. Toutefois, le texte en langage clair est généralement caractérisé par:

  • L'usage d'un langage simple, sans détours.
  • La présence d'une seule idée maîtresse par phrase.
  • L'absence de langage technique, d'abréviations et d'initiales.
  • Une structure claire et logique.

13- Grille auto-biographique et Questionnaire de dépistage

Grille d'entrevue auto-biographique

[Voir l'image pleine grandeur] Grille d'entrevue auto-biographique (1 de 2).

[Voir l'image pleine grandeur] Grille d'entrevue auto-biographique (2 de 2).

Questionnaire de dépistage

[Voir l'image pleine grandeur] Questionnaire de dépistage (1 de 4).

[Voir l'image pleine grandeur] Questionnaire de dépistage (2 de 4).

[Voir l'image pleine grandeur] Questionnaire de dépistage (3 de 4).

[Voir l'image pleine grandeur] Questionnaire de dépistage (4 de 4).

Remerciements

D'entrée de jeu, nous tenons à remercier un certain nombre de personnes qui ont contribué à la mise en œuvre du projet Biographie Éducative.

D'abord, un merci particulier au Service d'Aide à l'Emploi (SAE) d'Emploi-Québec et à Serge Daviault de nous avoir permis de faire plusieurs présentations du projet. Cela nous a été d'une grande aide et la majorité des participants au projet Biographie Éducative ont été recrutés à cet endroit.

Il convient aussi de remercier nos partenaires, c'est-à-dire les organismes du quartier d'Ahuntsic qui ont pris connaissance du projet et l'ont fait circuler dans leur milieu de travail.

Enfin, nous tenons à remercier le Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) pour le soutien financier accordé.

Crédits

Gestion du projet
Lucille Hébert

Équipe du projet
Lucille Hébert
Kathleen Ouellet
Isabelle Ladouceur

Correctrice
Nicole Grondines

Édition
Centre de ressources éducatives et communautaires pour adultes (Créca)

La réalisation de ce projet a été rendue possible grâce à une contribution financière du Ministère de l'éducation, du loisir et du sport du Québec.

Biographie Éducative
Collection En recherche
2006

Centre de ressources éducatives et communautaires pour adultes (Créca)
10 770, rue Chambord
Montréal (Québec) H2C 2R8
Téléphone: (514) 596-7629
Télécopieur: (514) 596-7681
Courriel: formations@creca.net
Site Web: http://www.creca.net/

[Voir l'image pleine grandeur] Logo - Créca


  • 1 Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. 2 mai 2002. «Plan d'action en matière d'éducation des adultes et de formation continue». En ligne <http://www.mels.gouv.qc.ca/REFORME/formation_con/Plan/Plan.pdf>, p. 3
  • 2 Le nord de Montréal fait référence aux secteurs suivants: Ahuntsic-Cartierville, Saint-Laurent, Saint-Michel, Montréal-Nord, Saint-Léonard et Anjou.
  • 3 Les gens qui font une demande de chômage sont convoqués à une séance d'information appelée Service d'Aide à l'Emploi (SAE). Le SAE a pour but d'acquérir une autonomie suffisante pour s'inscrire aux services de placement en ligne, dont celui d'Emploi-Québec. L'animateur suggère des stratégies afin d'augmenter l'efficacité des démarches telle que la participation au projet Biographie éducative.
  • 4 Il est à noter que les quatre étapes ont été séparées afin de rendre la compréhension du rapport plus aisée. La plupart du temps, les étapes se chevauchaient de sorte que lorsque nous étions à l'étape de faire les entrevues, nous travaillions encore au recrutement de participants et parfois même à la création des outils. L'étape quatre est la seule à avoir débuté au moment où les autres étapes avaient pris fin.
  • 5 Il s'agit d'un service téléphonique sans frais et confidentiel où l'on offre aide et référence à toutes les personnes qui désirent compléter une formation, allant de la formation de base à l'obtention d'un diplôme d'études supérieures de niveau collégial ou universitaire; et ce, dans chacune des régions administratives du Québec.
  • 6 Il est à noter que les commentaires n'étaient pas toujours formulés dans ces mots par les participants. Par ailleurs, les totaux des commentaires du graphique 5.1 sont supérieurs à 71, puisqu'une même personne pouvait retirer plusieurs avantages du service.
  • 7 Plan d'action en matière d'éducation des adultes et de formation continue, Apprendre tout au long de la vie, Gouvernement du Québec, Ministère de l'Éducation, 2002, Bibliothèque nationale du Québec, p. 4
  • 8 http://www.aqeta.qc.ca/francais/generale/definit.htm